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Des personnes qui veulent en savoir plus sur les défis les plus importants de notre planète et comment y faire face. L'extrême pauvreté prendra fin grâce à vous.

Lidia Marcela Zuniga Caseres, center, daughter of slain environmentalist and indigenous leader Berta Caceres, leads the march to demand justice over the murder of her mother, in Tegucigalpa, Honduras, April 1, 2016.
Fernando Antonio/AP
Environnement

Un premier traité mondial de protection des défenseurs environnementaux pourrait bientôt être adopté

Pourquoi les Global Citizens doivent s'en préoccuper
L'accord d'Escazú appelle les pays d'Amérique latine et des Caraïbes à garantir les droits humains en matière d'environnement. Les Objectifs mondiaux des Nations Unies soulignent que la protection de la planète est essentielle pour mettre fin à la pauvreté. Vous pouvez vous rejoindre pour passer à l'action sur des questions connexes ici.

Les communautés autochtones sont des remparts contre le changement climatique, la disparition des espèces, la désertification croissante et le dépérissement des écosystèmes.

Elles représentent 5 % de la population mondiale et protègent 80 % de la biodiversité de la planète dans leur vie quotidienne. 

Pourtant, les communautés autochtones et leurs terres sont menacées depuis des siècles. Au cours des dernières décennies, les taux croissants de déforestation, le développement des infrastructures et l'extraction des ressources ont empiété sur leurs terres et les ont détruites, menaçant ainsi la stabilité de la planète au sens large

Lorsque des militants communautaires tentent de s'opposer à ces tendances, ils sont souvent arrêtés, attaqués, voire tués. L'organisation à but non lucratif Global Witness a recensé 212 meurtres de défenseurs environnementaux en 2019, dont la majorité ont eu lieu en Amérique latine. 

C'est dans ce contexte que s'inscrit l'accord Escazú, un traité novateur sur les droits humains en matière d'environnement, signé par 22 pays en Amérique latine et dans les Caraïbes en 2018. 

À ce jour, le traité est ratifié par les gouvernements de neuf pays, un chiffre inférieur au seuil juridiquement contraignant fixé à onze pays. À l'approche du processus décisionnel régional relatif à l'accord, qui aura lieu le 26 septembre prochain, les défenseurs environnementaux réclament les deux dernières ratifications qui permettraient à l'accord d'entrer en vigueur, ainsi que les signatures des 11 autres pays de la région, afin qu'ils puissent participer aux négociations. 

« Nous avons la responsabilité urgente de lutter pour un avenir durable, avec prospérité et respect de toutes les formes de vie et de leurs droits dans les générations présentes et futures », ont écrit les organisations de jeunesse dans une récente lettre de soutien à l'accord d'Escazú.

« Nous demandons donc la signature des autres États et les ratifications nécessaires à la prompte entrée en vigueur de l'accord d'Escazú, qui constituerait un jalon historique dans la protection et la progression des droits humains et de la justice environnementale. »

L'accord d'Escazú a été élaboré sur une période de six ans avec la contribution de groupes de la société civile et de groupes communautaires. Basé sur le principe n° 10 de la déclaration de Rio de 1992 sur l'environnement et le développement, le traité poursuit trois objectifs principaux : fournir aux citoyens des informations complètes et transparentes sur les activités affectant l'environnement ; permettre aux citoyens d'avoir davantage leur mot à dire sur la manière dont les ressources terrestres et marines sont utilisées ; et garantir aux défenseurs environnementaux des droits et une protection juridiques complets.

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« Ce traité vise avant tout à lutter contre les inégalités et les discriminations et à garantir les droits de chaque personne à un environnement sain et à un développement durable, a écrit Antonio Guterres, le Secrétaire général des Nations Unies, dans l'avant-propos de l'accord. Ce faisant, il accorde une attention particulière aux personnes et aux groupes en situation de vulnérabilité, et place l'égalité au cœur du développement durable. »

L'accord d'Escazú vise en fin de compte à transformer la manière dont les pays de la région s'engagent avec la nature à un moment où le changement climatique, la pollution et la surexploitation menacent le fondement même de la vie

Plutôt que de traiter l'environnement comme une marchandise économique à exploiter et à sacrifier pour la richesse privée, le traité invite les pays à développer une relation plus harmonieuse avec la terre, en s'appuyant sur les principes de réciprocité et de bonne gestion des ressources naturelles

Cela implique d'écouter et d'intégrer les défenseurs environnementaux dans les processus décisionnels clés concernant des actions industrielles potentiellement désastreuses, telles que la construction de nouveaux barrages, le déboisement de forêts au profit de projets miniers, ainsi que l'extraction de pétrole et de gaz naturel au plus profond de la croûte terrestre. 

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Dans le passé, les défenseurs environnementaux ont été réduits au silence et privés de tout contrôle sur leurs propres moyens de subsistance. L'accord Escazú envisage une nouvelle ère dans laquelle ces militants communautaires pourront se mobiliser efficacement contre des actions qui affecteraient leurs foyers.

Il s'agit d'une vision audacieuse à laquelle ont adhéré certains des pays les plus dangereux pour les défenseurs environnementaux, notamment le Brésil, le Mexique et l'Équateur. Certains pays comme le Salvador, par exemple, refusent de reconnaître publiquement l'accord.

La façon dont l'accord d'Escazú sera appliqué dans les années à venir n'est pas claire, mais en fournissant aux défenseurs  de l'environnement et à tous les citoyens le soutien juridique nécessaire pour lutter et garantir leurs droits environnementaux, on pourrait envisager des sociétés plus durables.

« La protection des défenseurs de l'environnement et l'amélioration de la participation démocratique aux décisions environnementales sont essentielles pour mettre un terme à la destruction de l'environnement et [pour] renforcer la volonté d'agir contre la crise climatique », ont écrit les organisations de jeunesse. 

Elles ont ajouté : « Nous avons la responsabilité urgente de lutter pour un avenir durable, avec la prospérité et le respect de toutes les formes de vie et de leurs droits dans les générations présentes et futures. »