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Des personnes qui veulent en savoir plus sur les défis les plus importants de notre planète et comment y faire face. L'extrême pauvreté prendra fin grâce à vous.

Vulnerable members of population receive COVID-19 Emergency Food Parcels in Bomi, Liberia.
© Vannette Tolbert/WFP
Global Citizen donne la paroleLutter contre la pauvreté

Comment empêcher la pandémie de COVID-19 d'aggraver la faim dans le monde ?

Pourquoi les citoyens du monde devraient-ils s'en préoccuper ?
Des milliards de personnes à travers le monde n'ont pas accès à des aliments nutritifs et des centaines de millions de personnes souffrent de malnutrition. Les Nations unies appellent les Etats à éliminer la faim d’ici 2030, et le Plan de relance pour le monde de Global Citizen appelle les dirigeants mondiaux, les entreprises, les philanthropes et chaque Global Citizen à agir. Vous pouvez vous joindre à nous pour agir sur ce problème ici.

La flambée des chiffres de personnes souffrant de la faim dans le monde est l'une des nombreuses répercussions de la pandémie de COVID-19.

Les systèmes alimentaires ont été perturbés. D'innombrables familles n'ont pas les moyens de subvenir à leurs besoins alimentaires, et les écoles, qui assurent aux enfants une alimentation saine, ont été fermées. Les progrès accomplis pour atteindre le deuxième Objectif mondial, "faim 'Zéro'", sont ainsi mis en péril.

A présent, de nombreux pays tentent désespérément d'éviter des famines et veillent à ce que les populations les plus vulnérables aient accès à des aliments nutritifs.

La pandémie a mis en lumière ce qui est évident depuis des années : l'on peut éviter des crises alimentaires mondiales, tout comme la pauvreté.

Paul Newnham, Directeur du SDG2 Advocacy Hub, s'est entretenu avec Global Citizen au sujet de l'impact de la COVID-19 sur la sécurité alimentaire et de la manière dont nous pouvons surmonter la crise alimentaire mondiale.


Global Citizen : Comment la pandémie de COVID-19 a-t-elle aggravé la crise alimentaire mondiale ?

Paul Newnham : 690 millions de personnes souffraient de la faim ou de la sous-alimentation en 2019, et la pandémie de COVID-19 pourrait entraîner 132 millions de personnes supplémentaires en situation de sous-nutrition.

Alors que les priorités des gouvernements changent afin de faire face aux défis liés à la pandémie, les budgets de l'aide internationale ont été réduits, redéfinis ou modifiés. Ces facteurs menacent de nombreuses personnes vulnérables vivant dans la pauvreté et qui dépendent d'organisations internationales pour subvenir à leurs besoins.

Quelles fragilités des systèmes alimentaires mondiaux la pandémie a-t-elle mis en lumière ?

La bonne alimentation est vulnérable aux perturbations. La pandémie a mis en évidence la fragilité des systèmes alimentaires mondiaux : avec les confinements, les rayons des supermarchés étaient vides tandis que les stocks de produits alimentaires demeuraient inutilisés dans les usines. Le lait, gaspillé, coulait le long des égouts et les récoltes pourrissaient dans les champs. Cela a également mis en lumière l'interdépendance du système.

La multiplication des facteurs de risque de la COVID-19 pour les personnes en surpoids et obèses a aussi mis en avant le fait que les crises sanitaires sont alimentées par le manque d'accès à des aliments sains et nutritifs et à des prix abordables.

Comment les pays peuvent-ils mieux protéger leurs systèmes alimentaires pour affronter de futures crises ?

Une bonne alimentation rend le progrès possible. Il s'agit d'adopter une approche systémique globale, en gardant l'avenir à l'esprit. A quel avenir aspirons-nous ? Un avenir où nous avons tous accès à une bonne alimentation. Comment y parvenir ? Cela passe par une transformation complète des systèmes alimentaires – de l'agriculteur au consommateur.

Les systèmes alimentaires doivent être résilients afin de résister aux chocs et renforcer leur durabilité pour éviter de futurs chocs. Pour ce faire, les pays doivent adopter une approche systémique en commençant à l'échelle des agriculteurs –  en les aidant à adopter des pratiques écologiques, puis en terminant à l'échelle du consommateur – en faisant le choix de consommer des aliments sains et durables. Cela permettra de transformer les systèmes alimentaires en un système au service des gens et de la planète.

La pandémie a augmenté le nombre de personnes vivant au bord de la famine. Pouvez-vous expliquer, de manière générale, comment les organisations humanitaires viennent en aide à ces populations ?

Une bonne alimentation sauve des vies. En 2020, le Programme alimentaire mondial (PAM) a mis à profit sa vaste capacité de gestion de la chaîne d'approvisionnement et son expertise en logistique afin de soutenir les personnels de santé et humanitaire, en mettant rapidement en place des « services communs » – une structure flexible, motivée par les exigences des partenaires.

Le PAM agit dans l'urgence pour éviter les catastrophes et protéger les acquis passés en renforçant la résilience des communautés. Intensifier l'aide alimentaire vitale, par exemple. Il est urgent de fournir une bonne alimentation aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 2 ans, car même de brefs épisodes de malnutrition au cours des 1000 premiers jours de vie risquent d'avoir un impact irréversible sur la santé et sur le développement cognitif et physique de l'enfant. Cela transformerait une crise de courte durée en une crise intergénérationnelle plus longue.

L'ONG Save the Children a lancé Protect a Generation, notre réponse internationale à la crise de COVID-19, pour agir rapidement afin de prévenir, atténuer et apporter une réponse aux conséquences dévastatrices de la pandémie. Notre engagement international en faveur de la qualité, la responsabilité et le partenariat pose les bases des quatre priorités qui constituent notre réponse : atténuer l'impact de la pandémie sur la survie des enfants ; aider les enfants à apprendre, être en sécurité et retourner à l'école ; assurer la survie et la sécurité alimentaire des familles grâce à des filets de sécurité ; [et] assurer la sécurité des enfants, des familles et des communautés.

Les petits agriculteurs produisent une part considérable des réserves alimentaires mondiales. Comment les Etats peuvent-ils mieux les soutenir pour faire face au changement climatique et améliorer leurs moyens de subsistance ?

Une bonne alimentation commence avec les agriculteurs. Nous devons respecter leur importance au sein de la société et leur donner une voix lorsque nous cherchons des solutions pour améliorer leurs moyens de subsistance et les protéger contre le changement climatique. Nous devons également inciter [les agriculteurs] à développer un état d'esprit « en faveur des gens et de la planète ».

Cela implique d'investir dans les agriculteurs qui produisent des aliments biologiques plus nutritifs, qui sont mieux équipés pour faire face aux fluctuations climatiques et régénèrent les sols. Il faut investir dans la recherche pour trouver des moyens innovants garantissant une production alimentaire suffisante qui respecte l'environnement et les ressources de la planète.

Des organisations telles que le GCRAI doivent radicalement se développer afin de mettre en avant des solutions à de nombreux problèmes auxquels sont confrontés les systèmes alimentaires. Les investissements à l'échelle des agriculteurs et dans les systèmes de stockage et de réfrigération aideront à réduire le gaspillage alimentaire ainsi qu'à offrir un revenu plus stable aux producteurs.

Il est également crucial de garantir l'accès de ces petits agriculteurs aux marchés. Il est, en outre, essentiel d'améliorer les moyens de subsistance des agriculteurs et de rendre leur profession attrayante afin d'attirer de futurs agriculteurs.

La malnutrition et la sous-alimentation touchent plus de deux milliards de personnes dans le monde, et les chiffres augmentent chaque année. Comment améliorer la nutrition pour tous ?

Une bonne alimentation est nutritive. Le fardeau de la nutrition est double : à mesure que les pays se développent, ils ont accès à des aliments bon marché et hautement transformés, augmentant ainsi les taux de personnes en surpoids et [obèses]. Il faut donc développer de meilleures politiques publiques pour accéder à des aliments sains, nutritifs et abordables. Il faut également rendre ces aliments attrayants.

Nous produisons assez de nourriture pour nourrir 10 milliards de personnes, mais nous en gaspillons tellement et, pourtant, deux milliards de personnes sont sous-alimentées. Il faut donc opérer un changement au sein de la distribution alimentaire.

Vous trouverez plus d'informations ici sur la manière dont la campagne de Global Citizen intitulée "Plan de relance pour le monde" s'engage à lutter contre la COVID-19, en rassemblant des dirigeants internationaux et des gouvernements, des artistes et des animateurs, des philanthropes, le secteur privé et d'autres, afin d'aider tout le monde, partout, à faire face à la pandémie. Vous pouvez rejoindre la campagne et agir à nos côtes, dès maintenant, ici.