Global Citizen est une communauté de gens qui vous ressemblent

Des personnes qui veulent en savoir plus sur les défis les plus importants de notre planète et comment y faire face. L'extrême pauvreté prendra fin grâce à vous.

Canadian Prime Minister Justin Trudeau speaks the United Nations General Assembly, at U.N. headquarters, Sept. 21, 2017.
Mary Altaffer/AP
Citoyenneté

Justin Trudeau vient de présenter des excuses aux Canadiens LGBTQ2

Le premier ministre Justin Trudeau a livré un discours mardi à la Chambre des communes pour présenter des excuses historiques à la communauté LGBTQ2, et plus particulièrement aux fonctionnaires et militaires qui ont été condamnés par le gouvernement parce qu’ils étaient membres de cette communauté.

« C’est avec honte, tristesse et un profond regret pour ce que nous avons fait, que je prends la parole ici aujourd’hui pour dire que nous avions tort. Que nous présentons nos excuses. Je suis désolé. Nous sommes désolés », a déclaré Trudeau à la Chambre des communes.

Les excuses s’adressaient spécifiquement aux fonctionnaires fédéraux et militaires LGBTQ2 qui ont servi dans les Forces armées canadiennes, dans la GRC, ainsi qu’aux peuples autochtones LGBTQ2 qui ont fait l’objet de discrimination de la part du gouvernement.

« Au fil de notre histoire, des lois et des politiques adoptées par le gouvernement ont légitimé beaucoup plus que les inégalités. Elles ont légitimé la haine et la violence et ont couvert de honte les personnes ciblées », a-t-il dit.

En lire plus : Le Canada accueille des réfugiés homosexuels tchétchènes grâce à un programme secret

Des années 1950 au début des années 1990, le gouvernement canadien a mené une « purge LGBTQ2 » dans laquelle les employés faisant partie — ou ceux soupçonnés de faire partie — de la communauté LGBTQ2 ont été congédiés, déchargés ou intimidés jusqu’à ce qu’ils démissionnent.

Le gouvernement fédéral a même investi des fonds dans le développement du « fruit machine » (un appareil censé de mesurer l’attraction homosexuelle).

Les personnes soumises à la machine devaient regarder des images pornographiques des personnes du même sexe et des caméras observaient leurs pupilles pour voir si elles se dilataient. Si oui, cela indiquait apparemment l’excitation et voulait que la personne soumise fût attirée par le même sexe.

« Certains suspects étaient amenés dans des endroits secrets, la nuit, pour être interrogés », Trudeau a dit, parlant de la surveillance constante et injuste des personnes soupçonnées de faire partie de la communauté LGBTQ2.

En lire plus : Un autre passage pour piétons aux couleurs de l’arc-en-ciel a été vandalisé

Le premier ministre a parlé des femmes et des hommes qui ont été abusés par leurs supérieurs, qui ont été posés des questions dégradantes au sujet de leurs habitudes sexuelles, ajoutant que certains ont même été agressés.

« La responsabilité première de tout gouvernement est la protection de ses citoyens. Nous avons manqué à notre devoir à plusieurs reprises à l’égard des membres des communautés LGBTQ2, encore et encore », il a dit.

Le Canada a autrefois condamné et imposé des casiers judiciaires aux personnes ayant participé à une activité sexuelle consensuelle avec des partenaires du même sexe.

Avec ses excuses, le gouvernement a aussi présenté le projet de loi C-66, Loi sur la radiation de condamnations constituant des injustices historiques.

En lire plus : Un bébé canadien a reçu une carte d’identité sans genre

Cela permettra la destruction permanente des dossiers de condamnation pour des infractions relatives à une activité sexuelle consensuelle entre partenaires de même sexe, qui serait légale aujourd’hui.

« Chacun d’entre nous mérite d’être aimé et a le droit d’être respecté, a-t-il dit. Que vous découvriez votre propre vérité à 6 ou à 16 ou à 60 ans, la personne que vous êtes est légitime ».

Trudeau a remercié les personnes et les organisations qui ont poussé le gouvernement à reconnaître cette partie de l’histoire canadienne, y compris le groupe national de défense des droits des LGBT, Egale Canada, qui a publié un rapport détaillant cette discrimination systémique et des recommandations d’actions, y compris des excuses officielles du gouvernement.

« Aux pionniers qui ont lutté, à ceux qui se sont battus pour que nous arrivions jusqu’ici : merci pour votre courage et merci d’avoir prêté votre voix à cette cause », a-t-il dit.

En lire plus : Le Canada a adopté un projet de loi qui protège les personnes transgenres et non-binaires

La déclaration de Trudeau a reçu des applaudissements et des réactions émotives.

« Nous avons collectivement honte que des Canadiens qui s’identifient comme étant lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres, queers ou bi-spirituels aient été traités injustement, congédiés, empêchés d’avoir accès à des promotions, surveillés, arrêtés, condamnés ou agressivement couverts de honte, à cause de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. Des gens ont perdu leurs moyens de subsistance, leur famille et, dans certains cas, leur vie », a dit le premier ministre dans son communiqué officiel .

Global Citizen veut résoudre les plus grands problèmes de ce monde, y compris les problèmes liés à la citoyenneté. Vous pouvez agir ici