Jeff Bezos vient de passer sa « meilleure journée de [sa] vie » après avoir voyagé à 96,5 kilomètres au-dessus de la surface de la Terre dans un vaisseau spatial conçu par son entreprise Blue Origin, selon le Guardian.

Pendant près de quatre minutes dans l’apesanteur de l’espace suborbital, l’homme vivant le plus riche du monde a dépensé environ 5,5 milliards de dollars. Se payer un vol exclusif dans l'espace n’a pas vraiment affecté les moyens financiers de M. Bezos, qui possède une fortune estimée à 205 milliards de dollars. 

Force est de constater qu’hors du monde fastueux des milliardaires, avec leurs jets privés, leurs villas et leurs superyachts, de telles sommes d’argent auraient un impact extraordinaire sur la vie de citoyens ordinaires. Elles pourraient sauver des millions de personnes de la famine, aider à vacciner le monde contre la COVID-19 et fournir une aide d’urgence lors de crises humanitaires. 

Dans le cadre de la campagne Give While You Live, Global CItizen exhorte les milliardaires à faire don, chaque année, de 5 % de leur richesse à des causes caritatives qui aideront à atteindre les Objectifs mondiaux. M. Bezos pourrait éradiquer, à lui seul, plus de la moitié de l’extrême pauvreté du monde et atteindre les Objectifs dans les pays à faible revenu. 

Redistribuer les fonds de Blue Origin est un bon point de départ. Voici sept problèmes que l’argent dépensé pour le vol dans l’espace de M. Bezos aurait pu contribuer  à résoudre.

Sauver 39,5 milliards de personnes de la famine

Le Programme alimentaire mondial a récemment mis au défi les milliardaires qui se disputent la conquête de l'espace, notamment M. Bezos, Elon Musk et Richard Branson, de s’engager à verser 6 milliards de dollars pour empêcher 43 millions de personnes de mourir de faim cette année. Avec 5,5 milliards de dollars, M. Bezos aurait pu sauver 39,5 millions de personnes de la famine.

Financer entièrement le programme COVAX pour fournir des vaccins à 2 milliards de personnes dans les pays à faible revenu

COVAX lutte contre les inégalités en matière d'accès à la vaccination en garantissant des doses de vaccin contre la COVID-19 aux populations vulnérables des pays à faible revenu. En raison de son statut de programme humanitaire, COVAX est en mesure d’obtenir des doses pour 1,60 dollar chacune alors que le prix du marché peut atteindre 7 dollars.

L’initiative vise à garantir l'obtention de 2 milliards de doses d’ici l’année prochaine et nécessite près de 2,6 milliards de dollars pour y parvenir. M. Bezos aurait pu, au lieu d’aller dans l’espace, financer le double de ce montant, permettant ainsi aux populations d’être protégées contre un virus mortel en pleine pandémie.

Financer entièrement les efforts humanitaires au Nigeria, en République démocratique du Congo, en Afghanistan, au Venezuela, au Yémen et dans la Corne de l’Afrique

Des douzaines d'opérations humanitaires, presque toutes sous-financées, sont en cours dans le monde. M. Bezos pourrait, à lui seul, travailler de concert avec les Nations unies et financer tous les efforts humanitaires de la planète, évitant, par la même occasion, des souffrances indicibles.

Avec les fonds versés pour le vol spatial qui a eu lieu le 20 juillet, M. Bezos aurait pu financer des interventions humanitaires urgentes au Nig2ria (1 milliard de dollars), en République démocratique du Congo (2 milliards de dollars), en Afghanistan (1,2 milliard de dollars), au Venezuela (0,7 milliard de dollars), au Yémen et dans la Corne de l’Afrique (0,6 milliard de dollars). 

Financer intégralement le Fonds international de développement agricole

Le Fonds international de développement agricole aide les communautés rurales à améliorer le rendement des cultures, à développer des opportunités entrepreneuriales, à augmenter les revenus, à s’adapter au changement climatique et à autonomiser les jeunes et les femmes. Il manque actuellement 350 millions de dollars à l’organisation pour atteindre son objectif de collecte de fonds pour sa prochaine période de programmation, un montant que M. Bezos aurait pu couvrir dans les 30 premières secondes de son vol.

Financer le Partenariat mondial pour l’éducation

L’initiative l'Éducation ne peut pas attendre (Education Cannot Wait) fournit une éducation aux enfants déplacés à cause de conflits, de catastrophes naturelles et d’autres crises. En raison de la pandémie de COVID-19, plus de 3 milliards d’enfants dans le monde ont été éloignés des salles de classe et beaucoup d’entre eux risquent de ne jamais y retourner, si l’on n’intervient pas à temps. C’est la raison pour laquelle l’initiative l'Éducation ne peut pas attendre milite pour combler le déficit de 8,5 milliards de dollars dans le financement de l’éducation au niveau mondial.

M. Bezos, qui a déjà fait des dons à l'université où il a étudié (l’université de Princetown), aurait pu financer près de trois fois l'objectif de collecte de fonds de l'initiative, à savoir 1,8 milliard de dollars, au lieu d'aller dans l'espace et, ainsi, encourager une nouvelle génération d'astronautes.

Aider les pays à s’adapter au changement climatique

Le vol dans l’espace de M. Bezos a eu un impact énorme sur l’environnement car il a généré une importante pollution atmosphérique, contribuant ainsi au réchauffement de la planète. Le fondateur d’Amazon, qui vient de prendre sa retraite, aurait pu utiliser ces 5,5 milliards de dollars pour aider les pays à investir dans les énergies renouvelables, restaurer les écosystèmes qui peuvent servir de puits de carbone et rendre les infrastructures plus écoénergétiques.

À sa décharge, le Fonds pour la Terre de M. Bezos a déjà soutenu des organisations environnementales dans le monde entier. Toutefois, combattre la crise du climat requiert des centaines de milliards de dollars par an à l’échelle mondiale. M. Bezos pourrait donner l’exemple à ses collègues milliardaires en montrant qu’il se soucie plus du sort de cette planète que de celui des autres, où il existe peu ou pas de traces de vie.

Planter près de 5 milliards d’arbres

Planter un arbre peut améliorer la qualité de l’air et des eaux souterraines, absorber les émissions de gaz à effet de serre, réduire la chaleur, fournir de la nourriture et un abri, et jouer un rôle thérapeutique dans la vie des gens. Les arbres sont magiques et cela ne coûte qu’un dollar à trois dollars pour les planter, selon Nature.

En supposant que les économies d’échelle permettent de réduire les coûts, M. Bezos aurait pu, théoriquement, acheter 5,5 milliards d’arbres et aider beaucoup plus de personnes à se sentir « incroyablement bien ».


Avertissement : Le FIDA et la ECW sont des partenaires de Global Citizen.

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Jeff Bezos a dépensé 5,5 milliards de dollars pour passer 4 minutes dans l’espace. Voici les problèmes que cet argent pourrait résoudre

Par Joe McCarthy