Pourquoi les Global Citizens doivent s’en préoccuper
L’Objectif mondial 8 des Nations unies appelle à promouvoir un travail décent et une croissance économique durable, et investir dans les emplois verts pour les jeunes va probablement être un levier majeur pour atteindre cet objectif au cours de la prochaine décennie. La crise climatique menace la stabilité et la prospérité économiques et risque de faire basculer davantage de personnes dans l’extrême pauvreté — il est donc essentiel que le secteur du développement durable continue d’avancer, dans le cadre de la mission visant à freiner le réchauffement de la planète. Pour en savoir plus sur le changement climatique et passez à l’action, participez au mouvement ici.


Depuis que l’économie mondiale a été mise à genoux par la pandémie de COVID-19, économistes et dirigeant·e·s du monde entier cherchent des solutions pour limiter les dégâts tout en accélérant l’action climatique.

Pour les militant·e·s pour le climat comme pour les citoyen·ne·s, la réponse est assez évidente. Les activistes comme le grand public poussent les décideur·euse·s politiques à y voir une occasion d’investir dans des industries durables, capables de créer les opportunités de travail dont on a besoin — tout en aidant à protéger la planète.

Et l’idée commence à porter ses fruits : beaucoup de gouvernements parlent au moins d’une “reconstruction plus verte”, d’une façon ou d’une autre. Du Chili, qui s’est engagé à consacrer au moins 30% de ses investissements de relance post-COVID-19 au développement durable, au Nigeria, qui prévoit de supprimer les subventions à son industrie pétrolière.

Le Royaume-Uni aussi a choisi de flécher 134 millions de livres d’investissements pour aider les entreprises à développer des technologies propres et à créer des emplois verts. Bref : c’est un secteur en plein essor, et il devrait attirer encore plus d’investissements.

Que le secteur du développement durable se développe, c’est une excellente nouvelle pour toutes celles et ceux qui veulent voir le monde atteindre la neutralité carbone et limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C maximum au-dessus des niveaux préindustriels.

Les “emplois verts” — par exemple, des postes qui contribuent à la transition vers une économie bas carbone — augmentent depuis déjà un moment. Aux États-Unis, par exemple, les emplois dans le secteur des énergies propres auraient progressé chaque année pendant les cinq années qui ont précédé 2020. En 2019, on comptait même dix fois plus d’emplois dans l’économie verte américaine que dans l’industrie des énergies fossiles, d’après une étude de l’University College London.

Le rapport annuel de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), publié en septembre 2020, indiquait que le nombre d’emplois dans le secteur des renouvelables avait atteint 11,5 millions dans le monde.

En Angleterre, la Local Government Association a estimé que d’ici 2030, il pourrait y avoir jusqu’à 694 000 emplois directs dans l’économie bas carbone et des énergies renouvelables — contre 185 000 en 2018.

Du coup, on s’est penché·e·s sur quelques métiers nouveaux (ou en pleine évolution) auxquels vous pourriez postuler dans ce futur “zéro émission nette”.

Agriculteur·rice urbain·e

L’agriculture urbaine, parfois appelée “agriculture verticale”, est une tendance née d’un besoin très simple : nourrir davantage de citadin·e·s en utilisant moins de terres et moins d’eau. Concrètement, on fait pousser des cultures sur les toits ou sur de petites parcelles cultivables en ville — et ça demande des personnes qualifiées pour que ça marche vraiment.

Aux États-Unis, l’agriculture urbaine a augmenté de 30% au cours des 30 dernières années et, d’après les recherches de Miguel Altieri, professeur d’agroécologie à l’Université de Californie à Berkeley, elle peut renforcer la sécurité alimentaire dans certaines zones urbaines qualifiées de “déserts alimentaires”.

Ce type d’agriculture en ville apporte aussi plein de bénéfices écologiques : économies d’énergie, biodiversité accrue en milieu urbain, recyclage des nutriments et régulation des microclimats, selon ses défenseur·euse·s.


Designer écoresponsable ou créatif·ve

Les industries créatives ont un rôle énorme à jouer pour transformer nos économies. Que vous soyez designer de mode durable et que vous fabriquiez des vêtements à partir de matériaux recyclés ou que vous innoviez avec du cuir vegan, ou encore un·e artiste qui collecte des milliers de morceaux de déchets plastiques pour en faire des œuvres.

Les créatif·ves sont super bien placé·es pour repousser les limites du possible et inspirer le changement dans leurs secteurs.

Vous pouvez aussi bosser dans l’éco-architecture, par exemple, en concevant des bâtiments qui ont un impact minimal sur l’environnement. Ça peut vouloir dire : au lieu de défricher pour construire du neuf, travailler main dans la main avec les habitats déjà en place, utiliser des matériaux durables et optimiser au maximum la consommation d’énergie. Imaginez des bâtiments nichés dans les arbres, des toits végétalisés pour garder la chaleur, ou une maison meublée avec des objets récupérés.  


Producteur·rice d’énergie houlomotrice

On a vraiment besoin d’ingénieur·es et de technicien·nes dans le secteur des énergies renouvelables si le monde veut sortir de sa dépendance aux énergies fossiles. Pensez à toutes les personnes qu’il faut pour concevoir et fabriquer des panneaux solaires et des éoliennes afin de produire l’électricité qu’on utilise au quotidien.

D’après le rapport de l’IRENA, les emplois dans le solaire sont ceux qui progressent le plus : le secteur compte 3,8 millions d’emplois dans le monde, soit un tiers de l’ensemble des emplois dans les énergies renouvelables qu’ils ont identifiés.

Une forme moins connue d’énergie renouvelable, c’est l’énergie marémotrice, mais elle est en plein développement. Et comme le Royaume-Uni est une île très exposée aux vents et aux vagues, le gouvernement s’y intéresse particulièrement : il a même déclaré que l’énergie produite par la houle pourrait un jour couvrir 20 % des besoins énergétiques du pays.

En 2011, le premier dispositif marin au monde à l’échelle commerciale capable de produire de l’énergie à partir des vagues et de l’injecter dans le réseau national a été installé au large des îles Orcades, en Écosse. C’est l’un des 30 dispositifs testés sur place par l’European Marine Energy Centre.

Un autre dispositif, installé en 2017, produit aujourd’hui en temps normal 7 % de l’électricité des Orcades, selon

à la BBC. Du coup, « producteur de vagues », ça sonne plutôt comme un rôle super cool à ajouter un jour à votre CV.


Consultant·e en durabilité

Tout le monde n’a pas forcément les compétences techniques pour devenir ingénieur·e, mais ça ne veut pas dire qu’il n’existe pas de rôles pour les personnes qui ont la fibre business et de solides compétences en gestion de projet — et qui veulent aider les entreprises à passer au vert.

Les consultant·e·s en durabilité sont recruté·e·s pour leur expertise afin de réduire l’empreinte carbone d’une entreprise. Ils et elles peuvent réaliser une évaluation de l’impact environnemental et accompagner une organisation pour diminuer, entre autres, ses émissions de carbone, ses déchets et sa consommation d’eau.

Ils et elles peuvent aussi intervenir sur des projets de plus grande ampleur — par exemple, conseiller le gouvernement pour s’assurer que de nouvelles infrastructures de transport ou un projet de rénovation urbaine respectent l’environnement, ce qui sera crucial dans les années à venir.


Ouvrier·ère en construction écologique

Rénover des bâtiments existants pour les rendre plus économes en énergie et plus durables, et faire en sorte que les nouveaux bâtiments respectent des normes bas carbone plus strictes : voilà deux domaines où il va falloir beaucoup plus de main-d’œuvre qualifiée.

Le secteur du bâtiment offre le plus grand potentiel de réduction significative des émissions de carbone par rapport aux autres secteurs fortement émetteurs, selon le World Green Building Council, d’après un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement datant de 2009. Les économies d’émissions permises par les bâtiments verts pourraient atteindre jusqu’à 84 gigatonnes de dioxyde de carbone d’ici 2040, estime le Programme des Nations unies pour l’environnement. 

Mais il reste encore énormément à faire — les émissions du secteur mondial du bâtiment ayant été les plus élevées jamais enregistrées en 2019. 

Pour accélérer ce virage, on s’attend à un boom de l’emploi dans la construction verte : l’Organisation internationale du travail prévoit 6,5 millions d’emplois dans la construction durable d’ici 2030 — ce serait le deuxième secteur à la croissance la plus rapide, juste derrière l’énergie verte.


Scientifique de l’environnement

Selon les spécialistes carrière de The Balance, on s’attend à une belle croissance de 8 % du marché de l’emploi pour les scientifiques de l’environnement entre 2020 et 2029.

On comprend facilement pourquoi : les effets du changement climatique se font déjà sentir, avec davantage d’événements météo extrêmes et des années record de chaleur.

Dans les prochaines décennies, les scientifiques capables d’évaluer, de prévoir et de documenter les dégâts causés par la hausse des températures seront essentiels pour tenir le monde au courant. 

Global Citizen Life

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Par Helen Lock  et  Mel Ndlovu