Pourquoi les Global Citizens doivent-ils s'en préoccuper ?
Le sommet du G7 est une occasion unique de progresser sur de nombreux enjeux prioritaires. Global Citizen exhorte les dirigeants du G7 à partager les vaccins contre la COVID-19, à renforcer les systèmes de santé publique mondiaux et à financer l'action climatique. Vous pouvez nous rejoindre pour passer à l'action ici

Si vous examinez les priorités des précédents sommets du G7, vous constaterez que les thèmes abordés sont souvent les mêmes : réduction des inégalités, promotion de l'égalité de genre et renforcement de la sécurité internationale.

Toutefois, cette année, les pays membres se pencheront sur la pandémie de COVID-19, la crise sanitaire globale auquelle l'humanité est confrontée. 

Bien que le Groupe des sept, dit G7, n'ait pas le même pouvoir de façonner la politique mondiale que des organisations comme les Nations unies, il comprend de grandes puissances économiques qui ont une influence considérable, notamment les États-Unis, le Japon, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la France, l'Italie, le Canada ainsi que l'Union européenne. 

Bien que ces pays riches discutent principalement de questions économiques, tous les sujets sont abordés lors de leurs réunions semestrielles. Les organisations humanitaires suivent de près ces réunions, car les décisions prises peuvent avoir une incidence sur l'aide au développement, la lutte contre la pauvreté et les investissements dans le domaine du climat.

La réunion de cette année, qui se tiendra du 11 au 13 juin en Cornouailles, est particulièrement importante car elle peut déterminer la voie à suivre pour amorcer la relance mondiale après la COVID-19. 

3 raisons pour lesquelles le G7 de cette année est si important 

  • Les grandes puissances se pencheront sur la relance mondiale post-COVID, notamment sur le volume de l'aide étrangère, la manière de renforcer les systèmes de santé publique et les moyens de juguler le chômage mondial.

  • L'action en faveur du climat et la protection de la biodiversité seront les principales priorités de la réunion.

  • À l'heure de l'émergence de pouvoirs autoritaires sur la planète, les États membres échangeront sur les moyens de promouvoir la démocratie et les droits humains. 

Comment et pourquoi le G7 s'est-il constitué ?

Au lendemain du choc pétrolier de 1973, les ministres des finances de six des plus grandes économies, notamment les États-Unis, le Japon, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la France et l'Italie, ont officialisé leurs discussions sur l'état de l'économie mondiale et la politique internationale.

Les dirigeants venaient de constater comment les perturbations affectant une denrée mondiale essentielle, le pétrole, pouvaient entraîner de vastes pertes d'emplois, une flambée de l'inflation et l'effondrement du commerce. 

Il s'agissait d'un effet domino qu'ils entendaient éviter à l'avenir.

Ils ont donc décidé de se concerter et ont officiellement appelé leur réunion le « Groupe des six » ou G6. Au cours des quelques jours passés à Rambouillet, en France, en 1975, ils ont abordé tous les sujets, du commerce multilatéral au rôle des démocraties en passant par le chômage.

Depuis lors, le groupe se réunit deux fois par an et sa composition a évolué au fil du temps. Le Canada a été ajouté en 1976 pour le transformer en G7, suivi par la Russie en 1994, ce qui en a fait le G8. La Russie a été suspendue du groupe après avoir annexé la Crimée en 2018, et le groupe est redevenu le G7, avec des représentants supplémentaires de l'Union européenne. 

Pourquoi le sommet du G7 est-il important ?

Le G7 est un important forum politique mondial. Le groupe comprend sept des neuf plus puissantes économies du monde, sept des 15 pays disposant de la plus grande richesse par habitant, sept des dix principaux exportateurs et sept des dix principaux contributeurs aux Nations unies. 

Même sans le G7, ces pays auraient un pouvoir considérable pour façonner les priorités de l'économie mondiale. Lee G7 amplifie leur influence respective et agit comme une force stabilisatrice dans le tumulte des transitions nationales du pouvoir

L'appartenance au G7 est si convoitée que les membres du groupe invitent régulièrement des dirigeants à y participer et ont créé une branche du G7, le G20, afin de permettre à d'autres pays de s'aligner sur les questions économiques.

Au fil des ans, le G7 a réagi à la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, éliminé la dette des pays à faible revenu, mobilisé des fonds pour la lutte contre le paludisme et le VIH/sida et encouragé un dialogue autour de questions telles que l'égalité de genre. 

Toutefois, le groupe a aussi été critiqué pour avoir pérennisé les inégalités dans le monde faute de consensus et pour ne pas avoir su répondre, de manière efficace, aux crises mondiales telles que le changement climatique. 

Bien que le G7 ne légifère pas directement, ses membres publient chaque année un document, rédigé par le pays hôte, qui vise à façonner et à influencer la politique internationale. 

Quel est l'ordre du jour de cette année ?

Cette année, le Royaume-Uni et son Premier ministre Boris Johnson seront les hôtes du sommet du G7, qui se tiendra en Cornouailles du 11 au 13 juin. Il s'agira du premier sommet du G7 du président américain Joe Biden dans ses fonctions actuelles, et du dernier de la chancelière allemande Angela Merkel. Les dirigeants australien, sud-coréen et indien ont été invités à y participer. 

L'ordre du jour de 2021 est chargé. Comme lors de la réunion inaugurale du G6 en 1975, les dirigeants se pencheront sur une crise mondiale, qui éclipse le précédent choc pétrolier en termes de conséquences économiques et de pertes humaines.

« Reconstruire en mieux » (« Build Back Better ») est le thème du G7 de cette année. Autrement dit, les pays débattront des moyens de vaincre la COVID-19, qui sévit toujours dans le monde.

L'un des principaux obstacles à une relance mondiale réussie est l'inégalité persistante en matière d'accès aux vaccins. Les membres du G7 ont la possibilité de faire don de vaccins et de verser des fonds aux pays à faible revenu par le biais de COVAX, et de lever les brevets des vaccins contre la COVID-19 afin de promouvoir une fabrication mondiale. 

Les dirigeants se pencheront également sur la manière de renforcer les systèmes de santé mondiaux afin de lutter contre les futures pandémies.

Au cours de l'un des tournants de la pandémie, plus de 1,3 milliard d'enfants ont dû quitter les salles de classe, et des centaines de millions n'ont pas eu la possibilité de suivre un enseignement à distance. Cette situation a engendré d'énormes lacunes en matière d'apprentissage et a défavorisé davantage les enfants vivant dans la pauvreté. Les dirigeants du G7 devraient discuter du financement du Partenariat mondial pour l'éducation, qui cherche à garantir que tous les enfants puissent retourner à l'école. 

Le prochain sommet du G7 au Royaume-Uni, qui se déroulera du 11 au 13 juin, a déjà suscité de vives réactions après que les dirigeants des pays membres se soient engagés à fixer un taux d'imposition minimal de 15 % sur les sociétés et, ainsi, décourage l'évasion fiscale d'entreprises telles que Facebook, Amazon et Google. 

Cet engagement a été salué comme une mesure de responsabilisation des entreprises attendue depuis longtemps. Pourtant, cette initiative a également été critiquée parce qu'elle ne s'attaque pas au problème des paradis fiscaux et de l'évasion fiscale.

« Il est absurde pour le G7 de prétendre qu'il ‘remanie’ un système fiscal mondial défaillant en mettant en place un taux minimum mondial d'imposition des sociétés similaire aux faibles taux pratiqués par des paradis fiscaux comme l'Irlande, la Suisse et Singapour, » a déclaré Gabriela Bucher, directrice exécutive d'Oxfam International, dans un communiqué. « Ils mettent la barre si bas que les entreprises peuvent tout simplement la franchir. »

Le G7 discute des taux d'imposition en raison de la façon dont la pandémie a fait chuter les recettes fiscales et a accentué les inégalités économiques. Alors que 124 millions de personnes sont tombées dans l'extrême pauvreté au cours de l'année écoulée, les milliardaires ont accumulé une fortune inégalée. Cette richesse, plutôt que de rester sur des comptes bancaires, pourrait être taxée et utilisée pour réduire l'insécurité alimentaire, améliorer les systèmes éducatifs et garantir l'accès aux soins médicaux. 

Outre la question des taux d'imposition, les États membres discuteront des moyens de dynamiser le commerce international, réduire le chômage et générer une croissance économique. 

L'accent mis sur le climat au G7

Les défenseurs de l'environnement découragent un retour au statu quo économique qui a ravagé la biodiversité et contribué au changement climatique. L'objectif des Nations unies de protéger 30 % des espaces terrestres et marins d'ici à 2030 fera l'objet de discussions. Les dirigeants discuteront également de la manière de renforcer le financement de l'action pour le climat et les investissements dans les énergies renouvelables. 

Les groupes d'action pour le climat ont appelé les pays du G7 à ne pas se contenter de belles paroles, mais à adopter des mesures concrètes qui rompent avec le statu quo économique actuel. 

« Les règles actuelles du système commercial international ont, au cours des 25 dernières années, profité aux grandes entreprises, accentué les inégalités et accéléré la destruction de nos biens communs naturels, » a déclaré Richard Kozul-Wright, directeur chargé de la Division de la mondialisation et des stratégies de développement à la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, dans un communiqué

« Ces règles constituent un obstacle à la transformation industrielle ambitieuse dont le monde a besoin pour maintenir le réchauffement [climatique] en dessous de 1,5 degré Celsius. Il ne faut pas tarder à aligner les règles commerciales sur nos ambitions en matière de climat et à passer d'un monde où tout le monde est gagnant à un système qui met l'interdépendance mondiale au service des exigences d'un avenir durable pour tous, » a-t-il ajouté. 

L'action en faveur du climat ne peut être couronnée de succès que si les pays coopèrent pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Or, cela ne peut se faire que si les pays riches, comme ceux du G7, s'engagent à soutenir les pays à faible revenu qui luttent pour financer des programmes environnementaux. Cela implique de financer l'adaptation au climat et l'atténuation de ses effets, ainsi que l'égalité de genre, les droits humains, l'éducation et la sécurité alimentaire. 

Envisager une relance globale post-COVID

La pandémie de COVID-19 sévira tant que le monde entier ne sera pas vacciné, que de nouvelles souches du virus émergeront et que les mesures de santé publique seront assouplies trop tôt. Par conséquent, les pays doivent travailler ensemble et partager leurs ressources avant « reconstruire en mieux ». Cela signifie, avant tout, qu'il faut s'assurer que chaque personne dans le monde puisse recevoir des traitements et des vaccins contre la COVID-19. 

« La semaine prochaine, les dirigeants des plus grandes démocraties du monde se réuniront lors d'un moment historique pour nos pays et pour la planète, » a déclaré le Premier ministre britannique Boris Johnson dans un communiqué la semaine dernière. « Le monde attend de nous que nous relevions le plus grand défi de l'après-guerre : vaincre la COVID et être à la tête d'une relance mondiale portée par nos valeurs communes. »

« Vacciner le monde entier d'ici la fin de l'année prochaine serait le plus grand exploit de l'histoire de la médecine, » a-t-il ajouté. « J'appelle mes collègues dirigeants du G7 à se joindre à nous pour mettre fin à cette terrible pandémie et à s'engager à ne plus jamais laisser se reproduire les ravages causés par le coronavirus. »

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