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Alimentation et Faim

Cette ville bretonne a instauré un dispositif inédit pour lutter contre l’insécurité alimentaire


Pourquoi les Global Citizens doivent s’en préoccuper
L’accès à une alimentation saine et nutritive fait partie des droits que les 17 Objectifs mondiaux des Nations Unies s’efforcent de préserver partout dans le monde entier. Global Citizen fait campagne sur ces objectifs dans le but de mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici 2030. Vous pouvez rejoindre le mouvement et passer à l’action ici.

La France a récemment annoncé un second confinement. C’est une mesure qui semble nécessaire — notamment à l’heure où le pays est submergé par une seconde vague de COVID-19 — mais qui pourrait fragiliser davantage les Français les plus pauvres.

C’est ce que redoutent les autorités de la ville de Brest, qui ont décidé de prendre le problème à bras le corps afin d’éviter que la crise sanitaire n’exacerbe l’insécurité alimentaire ainsi que d’autres inégalités économiques déjà bien ancrées, rapporte ONU Info.

Pour faire face à la fermeture des marchés de proximité, qui garantissaient jusqu’ici la subsistance de nombreux producteurs et consommateurs locaux, la ville bretonne a étendu son système d’approvisionnement alimentaire d’urgence par le biais d’une distribution élargie de bons alimentaires, ainsi que d’un système d’identification des plus vulnérables.

« À Brest, nous avons choisi d’agir avec vigueur, avec tous les acteurs concernés à nos côtés, pour que cette crise sanitaire mondiale et ses conséquences sur notre territoire ne soient pas non plus à l’origine d’une forte crise sociale, a déclaré le maire François Cuillandre à ONU Info. Chaque jour, nous voyons combien c’est plus difficile pour les plus fragiles d’entre nous. Cela nous oblige à continuer à renforcer nos actions de solidarité. »

La clé de ces actions ? Une carte géographique interactive, qui permet aux habitants de la ville de repérer les fournisseurs d’aliments nutritifs les plus proches de chez eux. La plateforme, largement diffusée sur Internet et sur les réseaux sociaux, aide ses utilisateurs à accéder à des aliments de qualité sur la base de différents critères, dont la localisation des fournisseurs, le type de produits, les modalités de commande, de livraison et de collecte.

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C'est une initiative que Hans Henri P. Kluge, directeur régional de la branche européenne de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a félicité.

« La ville de Brest a pris des mesures proactives et efficaces pour assurer la sécurité alimentaire de ses habitants, a-t-il affirmé, selon le Parisien. Cet exemple illustre parfaitement comment les pouvoirs publics peuvent prendre soin de leur population pendant une crise nationale ».

La carte est pourtant loin d’être le seul moyen d’action sociale dont se sont emparées les autorités : celle-ci s’inscrit plutôt dans un projet précédemment mis en place afin de garantir l’approvisionnement durable et local des résidents, précise ONU Info. 

D’autres programmes, tels que l’aménagement de jardins potagers communautaires, d’un supermarché coopératif, ou encore l’introduction de produits biologiques dans les cantines d’école, sont aussi à l’étude.

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L’enjeu est de taille, puisque selon une étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, 8 millions de Français étaient déjà en situation d’insécurité alimentaire en 2017.

Le nombre de personnes souffrant aujourd’hui d’insécurité alimentaire est inconnu, mais les experts s’accordent à dire que la crise de la COVID-19 a certainement aggravé cette situation précaire.

« Le risque de faim accru s'explique surtout parce que dans beaucoup de pays en voie de développement la crise se traduit par [un] appauvrissement des populations, a affirmé Nicolas Bricas, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), au Parisien. Et ce n'est pas l'apanage des pays du Sud ! La COVID-19 crée de la précarité alimentaire y compris en France. Notamment parce qu'en ce moment les enfants ne mangent pas à la cantine. Et c'est difficile pour les foyers modestes d'assurer des trois repas par jour. »

Pour lutter contre le problème, de nombreuses autres villes françaises ont également revu leurs stratégies alimentaires afin de venir en aide aux plus démunis. Le thème de l’agriculture durable semble d’ailleurs émerger comme l’une des priorités de la rentrée alors que le pays entier continue de lutter contre la pandémie.