La violence en ligne augmente dans le monde entier et ne fait pas de discrimination.

Tout le monde est exposé à cette forme d’abus qui comprend le partage non consensuel de photos intimes, la cyberintimidation, le cyberharcèlement, le doxxing, la sextorsion, le harcèlement en ligne et l’usurpation d’identité en ligne, mais les femmes et les filles ainsi que les personnes marginalisées sont particulièrement vulnérables.

C’est pourquoi l’UNFPA, l’agence directrice des Nations Unies en charge des questions de santé sexuelle et reproductive a lancé jeudi bodyright, le premier « copyright » pour les corps humains, pour appeler à la protection contre la violence en ligne. La campagne encourage les personnes à apposer un symbole « b », disponible sous forme d’autocollant ou de version téléchargeable, sur toute image d’un corps humain diffusée sur les médias sociaux.

Selon l’UNFPA, 85 % des femmes ont déclaré avoir été témoins de violences en ligne et près de 40 % en ont fait personnellement l’expérience. La violence en ligne ne constitue pas seulement une violation des droits de l’homme et l’autonomie corporelle, mais elle provoque aussi une détresse psychologique, émotionnelle et physique à long terme. La divulgation de données à caractère personnel, les discours haineux et l’utilisation non consensuelle d’images  peuvent être particulièrement dommageables pour les personnes qui dépendent des espaces en ligne pour leur travail.

L’UNFPA s’efforce de sensibiliser et de faire pression sur les entreprises numériques, les plateformes sociales, les forums en ligne et les sites de partage de contenu pour qu’ils prennent l’utilisation abusive du corps des femmes aussi sérieusement que les violations des droits d’auteur. Les entreprises technologiques et les décideurs politiques ignorent la violence et la misogynie dont sont victimes les survivants de la violence numérique et accordent plus d’importance et de protection aux droits d’auteur des logos d’entreprise et à la propriété intellectuelle qu’aux humains et à leurs droits en ligne, selon l’organisation.

Lorsque quelqu’un viole des droits d’auteur musicaux, les plateformes en ligne retirent le contenu, mais les mêmes normes et protocoles visant à identifier et à empêcher l’utilisation non autorisée de matériel protégé par des droits d’auteur ne s’appliquent pas aux images du corps des femmes. Lorsque les survivantes de la violence numérique tentent de reprendre le contrôle de leurs images, elles n’ont accès qu’à peu de services ou de droits légaux pour demander justice. La violence en ligne pousse les femmes et les filles à se déconnecter complètement.

La campagne Bodyright se déroule parallèlement à la campagne annuelle des 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre, qui a débuté le 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et se poursuit jusqu’au 10 décembre, Journée internationale des droits de l’homme, afin de souligner que les droits des femmes sont des droits humains et doivent être promus et protégés.

Le thème de la campagne de cette année est « Oranger le monde : mettre fin dès maintenant à la violence à l’égard des femmes ! » L’UNFPA a également lancé un site web interactif mettant en lumière les histoires de 11 jeunes femmes du monde entier qui ont subi des violences numériques dans le cadre des 16 jours.

L’UNFPA et Global Citizen ont lancé une pétition demandant aux entreprises, aux plateformes et aux décideurs politiques de prendre la dévalorisation des êtres humains et la violence en ligne aussi sérieusement que d’autres infractions au droit d’auteur. Les gouvernements, les entreprises technologiques et les plateformes de médias sociaux doivent être tenus responsables de leur position pour aider à combattre la violence en ligne.

Les Global Citizens désireux de soutenir la campagne mondiale bodyright peuvent également publier le contenu de la campagne de l’UNFPA ou créer le leur pour le diffuser sur les réseaux sociaux, partager la vidéo de la campagne, inviter les personnes qui les suivent à lutter pour le bodyright et à le diffuser sur leurs canaux, et signer la pétition.


Les droits des femmes sont des droits de l'Homme - et ils doivent être soutenus et protégés. À l'occasion des 16 jours d'activisme contre la violence basée sur le genre, du 25 novembre au 10 décembre, nous demandons aux Global Citizens de se joindre à nous pour relever le défi des #16jours, en accomplissant chaque jour une action simple qui vous permettra d'en savoir plus sur les droits des femmes, l'autonomie corporelle et la violence basée sur le genre en ligne.

Vous pourrez engager des conversations essentielles avec vos proches, promouvoir sur les réseaux sociaux le droit des femmes et des filles à disposer de leur propre corps, soutenir les entreprises dirigées par des femmes dans votre communauté, signer des pétitions en faveur de l'autonomie corporelle, etc. Pour en savoir plus sur le défi #16Jours et commencer à passer à l'action, cliquez ici.

Advocacy

Exiger l’équité

Pourquoi cette campagne crée-t-elle le premier « copyright » pour les corps humains ?

Par Leah Rodriguez