Six ans après l’Accord de Paris, la communauté internationale se retrouve dans le cadre de la COP26 à Glasgow, en Écosse, pour renforcer la lutte contre le changement climatique. Les attentes sont élevées car le temps presse pour défendre la planète.

Il devient de plus en plus difficile pour les dirigeants de détourner les yeux face à la gravité de la situation. Qu’il s’agisse de sécheresse, de vagues de chaleur extrême ou d’inondations, les conséquences du changement climatique ont sévi tout l’été aux quatre coins du monde

Si cela ne suffisait pas, le Groupe d’experts intergouvernemental du climat (GIEC) a publié en août un rapport historique, une «  alerte rouge pour l’humanité », confirmant que, sans réduction drastique des émissions de carbone au cours de cette décennie, une hausse des températures supérieure à 1,5 °C sera inévitable et irréversible. Pendant deux semaines, tous les regards seront tournés vers Glasgow en espérant que des mesures courageuses seront prises pour endiguer la catastrophe annoncée. Le GIEC l’a rappelé : il n’est pas trop tard pour éviter les pires scénarios, mais des décisions doivent être prises maintenant ou jamais.

Pour appeler au changement, interpeller les dirigeants, ou encore sensibiliser la population sur cette problématique, des voix courageuses s’élèvent. Qu’ils soient réalisateurs, étudiants ou membres d’organisations non gouvernementales (ONG), leurs perspectives sont plus que jamais essentielles.

Voici cinq activistes climatiques qui font bouger les lignes en France, à découvrir dès aujourd’hui.


Camille Étienne 

camille_etienne_at_global_citizen_live_in_paris.jpg__5216x3472_q85_crop_subject_location-2608,1739_subsampling-2_upscale.jpgLa militante française pour le climat Camille Étienne est intervenue lors du Global Citizen Live à Paris. Image: Getty Images

Considérée comme la nouvelle porte-voix de la jeunesse écologiste, Camille Étienne s’est fait connaître du public en mai 2020 en publiant à la sortie du premier confinement le court-métrage Réveillons-nous, un plaidoyer pour revenir à la nature, changer nos mentalités, mais surtout pour prendre conscience qu’il est plus que nécessaire d’agir. La vidéo devient rapidement virale et dépasse les 15 millions de vues en quelques semaines.

« Nous sommes la première génération à vivre les conséquences du réchauffement climatique, et la dernière à pouvoir y faire quelque chose, peut-on entendre dans le court-métrage. Je suis désolée. Drôle de destin que celui de cette génération Y, drôle de sentiment de se battre pour une guerre qu’on n’a pas nous-même déclarée, c’est vrai. Je suis désolée, on y est pour rien. » 

Aujourd’hui porte-parole du mouvement On est prêt, l’étudiante de 23 ans originaire de Savoie a fait une pause dans ses études à Sciences Po pour se consacrer pleinement au combat contre le changement climatique. Elle publie régulièrement des vidéos et photos sur son compte Instagram, dans lesquels elle sensibilise son public aux enjeux climatiques. En septembre dernier, lors de Global Citizen Live à Paris, la militante écologique a pris la parole pour rappeler que le changement climatique a des répercussions sur la vie de chacun et qu’il est de notre devoir d’en inverser la tendance.

Cyril Dion

cyrildion.jpegCyril Dion, le réalisateur du documentaire Après-demain • Crédits : Sylvain Lefevre - Getty








Après des études d’art dramatique, Cyril Dion fonde avec Pierre Rabhi le mouvement Colibris, une association écologiste qui lutte pour une transition énergétique et pour la protection de l’environnement.

En 2015, il coréalise avec l’actrice Mélanie Laurent le documentaire Demain, dans lequel il présente les difficultés et initiatives mises en place dans une dizaine de pays pour faire face aux enjeux environnementaux et sociaux. Le documentaire suscite un engouement auprès du public et remporte le César du meilleur documentaire 2016.

Il est aussi l’auteur du Petit manuel de résistance contemporaine, publié chez Actes Sud, dans lequel il expose les limites de l’action individuelle et appelle à de grands mouvements collectifs, notamment dans les choix de consommation de chacun.  

En 2018, il participe, en co-réalisant les vidéos destinées à l’action l’Affaire du siècle, lancée par quatre ONG. Cette campagne de justice climatique exige que l’État soit contraint au respect de l’Accord de Paris sur le climat, principalement en termes de diminution des émissions de gaz à effet de serre. Trois ans après avoir lancé l’action en justice, l’État est condamné pour son inaction climatique.

Le 1er décembre 2021 sortira son nouveau documentaire Animal, qui questionne notre relation au monde vivant à travers le regard de deux jeunes adolescents de la génération climat. 

Lucie Pinson

2020-Goldman-Prize-Winner_Lucie-Pinson_Ouroboros-1200x1200.jpgLucie Pinson, lauréate du prix Goldman pour l'environnement 2020 pour la région Europe. ©Goldman Environmental Prize

Dans le cadre de ses études en science politique et en politique de développement, Lucie Pinson a découvert pendant deux ans en Afrique du Sud les ravages causés par les mines à charbon sur l’environnement. Au cours de ces mêmes années, elle participe en parallèle à l’organisation de contre-sommets du G8 et du G20. C’est là qu’elle prend conscience du rôle joué par la finance dans le dérèglement climatique.

Elle travaille ensuite comme chargée de campagne « finance privée » pour les Amis de la Terre, ONG qui milite pour l’environnement. Dès lors, elle cible l’industrie du charbon, ou plutôt son financement. Pour ce faire, elle participe aux assemblées générales après avoir acheté des actions et expose au grand public les mauvaises pratiques des entreprises en les nommant. La méthode fonctionne : en 2015, elle convainc les quatre plus grandes banques françaises de ne plus soutenir la construction de centrales ou de mines à charbon.

En 2020, elle décide de créer son ONG Reclaim Finance. Son objectif reste de promouvoir le désinvestissement des énergies fossiles de la part des acteurs financiers, sans se limiter uniquement à la filière du charbon, mais en incluant aussi celle du pétrole et du gaz. La même année, elle reçoit le Prix Goldman pour l’environnement, récompense prestigieuse souvent comparée au Prix Nobel.

Victor Noël

portrait-de-Victor-NOEL.jpg© Victor Noël








Victor Noël a seulement 16 ans, mais milite pour la préservation de la biodiversité depuis de nombreuses années déjà. À huit ans, ses parents l’amènent faire un tour d’Europe pendant six mois. Alors qu’il y observe les oiseaux, le déclic s’opère. À neuf ans, il adhère à la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) de Moselle. Déjà conscient de la fragilité de la biodiversité, il commence à changer ses habitudes quotidiennes et alimentaires afin de respecter au mieux son environnement, devenant rapidement une figure du militantisme écologique de sa région. En 2019, Victor rassemble ainsi près de 2 000 personnes lors d’une marche pour la biodiversité.

Néanmoins, ne voyez pas en lui une sorte de Greta Tunberg à la française. Loin de vouloir devenir un porte-parole politique, l’adolescent rêve plutôt de maraîchage et de s’épanouir dans la nature.

Il intervient régulièrement dans les écoles et les centres aérés pour sensibiliser les plus jeunes aux enjeux autour de la biodiversité. Il tient un blog dans lequel il publie régulièrement des textes engagés et pédagogiques, ainsi que des photos. Également auteur d’un livre intitulé : Je rêve d’un monde... Plaidoyer d’un adolescent pour la biodiversité, il souhaite sensibiliser les lecteurs sur la sixième extinction de masse que subit actuellement la biodiversité et nous invite à repenser nos habitudes et notre perception de notre environnement pour l’enrayer.

Adélaïde Charlier

Twitter Adélaïde Charlier.jpgTwitter Adélaïde Charlier


Adélaïde Charlier est la porte-parole francophone belge du mouvement international des jeunes pour le climat (Youth for Climate). C’est pendant son adolescence que s’opère sa prise de conscience de la réalité du changement climatique. Elle passe cinq ans au Vietnam où elle observe les effets du changement climatique sur les populations. Entre les typhons de plus en plus forts et les migrations de populations incapables de rester habiter aux abords du Mékong, elle prend rapidement conscience que ces conséquences touchent les populations les plus démunies. Elle déclare d’ailleurs : « Beaucoup de monde parle du futur, mais c’est aussi le présent de beaucoup de personnes. »

À son retour en Belgique, l’avènement de Greta Thunberg et les marches pour le climat lui fait réaliser qu’il est possible de passer à l’action et de faire pression sur les gouvernements. Elle devient dès lors rapidement une figure de proue du mouvement en Belgique.

Elle se rendra à la COP26, non pas pour attendre « un changement radical » mais pour que « les leaders politiques prennent le dérèglement climatique au sérieux, jusqu’à ce que cela devienne une urgence », a-t-elle déclaré à France Info. Vous pouvez la suivre sur Twitter ici

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Par Antoine Le Seigle