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Santé

En France aussi, la COVID-19 touche durement les plus pauvres


Pourquoi les Global Citizens doivent s’en préoccuper
La COVID-19 menace de faire reculer les progrès réalisés en matière d’élimination de la pauvreté, un objectif fixé par les Nations Unies en 2015, et sur lequel Global Citizen fait campagne. Pour s’assurer que le monde se remette sur le voie des Objectifs de développement durable et pour lutter contre les inégalités mondiales, vous pouvez agir dès aujourd’hui ici.

Pour limiter l’impact du coronavirus sur les plus démunis en France, le ministre de la Santé Olivier Véran a récemment annoncé que le gouvernement distribuerait gratuitement 40 millions de masques — dont le port est désormais obligatoire dans les lieux publics clos — aux quelques 7 millions de Français vivant sous le seuil de pauvreté. 

Cet envoi, organisé avec la Poste, sera effectif « d'ici quelques jours », a assuré M. Véran lors d’une interview accordée à France 2 mercredi.

Si la mesure a été globalement plébiscitée par les politiques, la pauvreté se manifeste toutefois de manière distincte dans les villes de l’Hexagone.

C’est notamment le sujet sur lequel quatre économistes français se sont penchés dans une récente étude pré-publiée sur le site d’archives ouvertes HAL.

Aux États-Unis et partout dans le monde, les effets socio-économiques inégalitaires de la pandémie de COVID-19 se font ressentir. Des voix s’élèvent à travers la planète pour dénoncer le fait que les minorités raciales, les sans-papiers, les réfugiés, ou encore les plus démunis, sont frappés de plein fouet par la crise sanitaire et ses effets discriminatoires.

La France n’est pas épargnée par cette tendance — bien au contraire.

L'étude, réalisée par Paul Brandily, Clément Brébion, Simon Briole et Laura Khoury, montre que le taux de mortalité à la COVID-19 des villes les plus pauvres du pays est nettement plus élevé que celui des villes aisées.

Les chercheurs étaient désireux d’explorer la corrélation entre richesse et taux de contamination au virus, jusqu’ici peu étudiée en France. 

« Il y avait eu des études dans plusieurs pays montrant la surreprésentation des minorités parmi les malades, mais rien de systématique sur les inégalités de richesse », a notamment déclaré Mr. Briole, chercheur à l'École d’économie de Paris (PSE) et à la branche européenne du J-PAL, le laboratoire du lauréat du prix Nobel Esther Duflo spécialisé dans la lutte contre la pauvreté, au Monde.

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Et les résultats — obtenus par une analyse croisée des données de mortalité, de la richesse des municipalités et des zones de déconfinement — sont pour le moins surprenants : pour l’année 2020, les villes françaises faisant partie du quartile de richesse le plus bas ont enregistré un excédent de mortalité (causé par le virus) s’élevant à 88 %. À l’inverse, chez les villes les plus riches, se chiffre ne dépasse pas les 50 %.

Cela signifie qu’en France, les plus démunis ont plus de chances de mourir des suites du coronavirus.

En cause, la nature du travail précaire exercé par leurs habitants souvent contraints d’entrer en contact fréquent avec le public, qui accroît leur vulnérabilité au virus de près de 60 %. L’étude attribue néanmoins la surmortalité à un deuxième facteur : les logements surpeuplés dans lesquels sont parqués certaines tranches de la population de ces villes.

L’annonce de la gratuité des masques pour les plus démunis pourrait donc contrecarrer cette tendance, mais les effets plus durables de la pandémie sur la pauvreté doivent, eux aussi, être évalués et solutionnés, comme le souligne la Banque mondiale.