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Filles et Femmes

Une jeune femme agressée à Strasbourg parce qu’elle portait une jupe


Pourquoi les Global Citizens doivent s’en préoccuper
Nous ne pourrons pas atteindre les Objectifs mondiaux et construire un monde où les femmes et les filles sont égales tant que la violence basée sur le genre perdure. En France, comme partout ailleurs dans le monde, cet enjeu nécessite une mobilisation sans faille des dirigeants. Vous pouvez aussi passer à l’action à ce sujet ici

Il y a une semaine, Elisabeth, une étudiante âgée de 22 ans, s’est faite agresser aux abords du centre commercial Rivétoile à Strasbourg.

Vêtue d’une jupe au moment des faits, la jeune femme affirme avoir été prise pour cible par trois hommes qui se sont plaints de sa tenue vestimentaire.

« J’étais habillée en jupe, et je marchais vers chez moi. Trois hommes arrivent face à moi et l’un d’eux dit : "Regarde cette pute en jupe" et je me permets de lui répondre : "Pardon", a-t-elle raconté lors d’une interview accordée à France Bleu Alsace. Là, ils me répondent : "Tu te tais salope et tu baisses les yeux". Deux m'attrapent chacun par un bras et le troisième me donne un coup de poing au visage. Et après, les trois s'enfuient ».

La jeune femme, qui a souligné que son agression aurait pu être « bien pire », a toutefois déploré l’inaction des passants : « Il y avait environ 15 personnes autour et il n’y a eu aucune réaction. Ni avant, ni pendant, ni après », a-t-elle remarqué.

France Bleu Alsace rapporte que l’étudiante en Langues étrangères appliquées (LEA) a depuis porté plainte auprès de la police de Strasbourg afin qu’une enquête soit ouverte. 

De son côté, le gouvernement a fermement condamné cette agression.

La ministre déléguée en charge de la citoyenneté, Marlène Schiappa, s’est rendue à Strasbourg mercredi. C’est à l’occasion de ce déplacement qu’elle a annoncé le recrutement d'un intervenant social au commissariat de la ville pour aiguiller les victimes de harcèlement de rue lors de leur dépôt de plainte.

Mme Schiappa a également souligné que la tenue n’était aucunement en cause dans ce type d’agression.

« Une femme n'est jamais frappée parce qu'elle porte une jupe. Une femme est frappée parce qu'il y a des gens misogynes, sexistes, violents, et qui s'affranchissent de toute loi et de toute règle de civilité en les frappant, a-t-elle asséné. Quand on est une étudiante et qu'on doit penser à la tenue qu'on doit porter et au message qu'il envoie, c'est une charge mentale écrasante. Des photos des affaires de femmes agressées, violentées, harcelées, j'en reçois tous les jours. À chaque fois, ça me tord les tripes. »

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Le problème du harcèlement de rue et de la violence fondée sur le genre reste un enjeu important à l’échelle du pays.

En France, ce sont près de 40 % de femmes qui ont renoncé à fréquenter certains lieux publics suite à des manifestations sexistes, tandis que 86 % déclarent en avoir fait l’objet d’au moins une forme d’atteinte ou d’agression sexuelle dans la rue, selon une récente enquête de l’Institut français d’opinion publique (IFOP) pour la Fondation Jean Jaurès.

En 2018, le gouvernement a introduit un texte de loi visant à sanctionner le harcèlement de rue. Selon la BBC, près de 1 800 amendes ont déjà été imposés depuis son adoption.

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Le lundi 14 septembre, en dénonciation aux codes vestimentaires sexistes, des lycéennes françaises revendiquaient aussi leur droit à se vêtir de manière « provocante » au sein des établissements scolaires. 

L’accueil de cette campagne par le gouvernement a cependant été mitigé, avec certains, comme le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, exprimant leur désaccord envers les étudiantes. Le ministre avait notamment affirmé que l’école était un lieu où une tenue « correcte » et « républicaine » était exigée. Les lycéennes ont quant à elles rétorqué que les filles n’étaient pas responsables du comportement sexiste de leurs camarades, peu importe leur tenue.