Global Citizen est une communauté de gens qui vous ressemblent

Des personnes qui veulent en savoir plus sur les défis les plus importants de notre planète et comment y faire face. L'extrême pauvreté prendra fin grâce à vous.

Hush Naidoo/Unsplash
Santé

Le racisme dans les soins de santé tue les populations autochtones du Canada


Pourquoi les Global Citizens doivent s'en préoccuper 
Le racisme dans les systèmes de soins de santé est un problème mondial qui provoque de nombreux décès évitables. L'objectif n° 3 des Objectifs de développement durable des Nations Unies plaide en faveur de la santé et du bien-être de tous. Cet objectif ne peut être atteint que si des soins de santé adéquats sont dispensés à tous ceux qui en ont besoin. Vous pouvez passer à l'action ici.

Le racisme anti-Autochtones dans le système de santé canadien provoque des décès évitables, selon une étude publiée cette semaine.

Le Dr Janet Smylie, une médecin Métis et chercheuse au Centre for Urban Health Solutions de l'hôpital St. Michael's, étudie les effets du racisme anti-Autochtones dans le système de santé du pays depuis 15 ans, a rapporté la CBC.

« Pour moi, les effets les plus importants sont les décès injustifiés ou les handicaps », a déclaré Mme Smylie à la CBC.

Le racisme anti-Autochtone a déjà été mis en évidence dans le système de santé des Territoires du Nord-Ouest, mais Mme Smylie a constaté qu'il s'agissait d'un problème non seulement dans les T.N.-O., mais aussi dans tout le Canada.

Passez à l’action : Demandez aux dirigeants africains de faire de la santé des femmes et des enfants une priorité

« J'ai une hypothèse, et j'aimerais que quelqu'un la réfute. Le racisme le plus important et le plus dangereux que les gens connaissent est en fait un racisme caché. Il est même caché à la personne qui a un comportement raciste », a-t-elle déclaré à la CBC.

Selon Mme Smylie, le racisme n'est pas toujours intentionnel mais peut être « implicite ». Par exemple, les communautés des Premières nations, des Inuits et des Métis ne reçoivent pas toujours les mêmes messages de santé publique que le reste de la population canadienne ; leur taux de consommation de tabac commercial est donc plus élevé.

Dans d'autres cas, le racisme est plus apparent.

Hugh Papik, un ancien de la communauté Aklavik, est mort d'un accident vasculaire cérébral en août 2016, alors que les professionnels de la santé pensaient qu'il était ivre. Après sa mort, une enquête externe a débouché sur 16 recommandations auxquelles le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest doit donner suite, afin de répondre au besoin de réforme du système de soins de santé du territoire.

Pour en savoir plus : Les bébés autochtones au Canada sont plus susceptibles de mourir, mais un nouveau programme entend remédier à cette triste situation

L'une des recommandations portait sur la formation culturelle des travailleurs de santé.

Le ministre de la santé des T.N.-O., Glen Abernethy, a rendu visite à de nombreuses personnes dans les T.N.-O., lesquelles ont exprimé leur inquiétude quant au racisme dans le système de soins de santé. La formation est en cours, a-t-il déclaré.

Les fonctionnaires du ministère ont travaillé avec les gouvernements autochtones pour développer une formation qui abordera les différentes cultures, l'histoire des pensionnats et de la colonisation, et les difficultés qui se présentent lors de la prestation de soins de santé dans les régions reculées et de petite taille.

« Nous sommes enthousiasmés par ce travail, nous savons qu'il va nous aider à devenir un système plus réactif et plus respectueux et nous sommes impatients d'y parvenir », a-t-il déclaré à la CBC.

Pour en savoir plus : L'effrayante histoire de l'accouchement de Serena Williams s'inscrit dans un contexte plus large de discrimination à l'encontre des mères noires

Malheureusement, cela s'inscrit dans une tendance plus générale en matière de racisme dans les soins de santé, qui se manifeste dans le monde entier.

Aux États-Unis, par exemple, les mères noires ont 243 % de chances de plus que les mères blanches de mourir des suites d'une grossesse ou de complications liées à l'accouchement, selon un rapport de ProPublica et NPR.

« Bien qu'une partie de la disparité puisse être attribuée à des facteurs tels que la pauvreté et l'accès inadéquat aux soins de santé, il y a de plus en plus de preuves qui soulignent la qualité des soins dans les hôpitaux où un nombre disproportionné de femmes noires accouchent, lesquelles se trouvent souvent dans des quartiers défavorisés par la ségrégation », constate le rapport.

La lutte contre le racisme et les préjugés sociaux dans les soins de santé pourrait prévenir des décès injustifiés et conduire à une amélioration générale de la santé de tous ; c'est précisément ce que M. Abernathy tente d'accomplir dans les Territoires du Nord-Ouest.

« Mais ce n'est pas quelque chose que l'on peut changer du jour au lendemain, c'est quelque chose qui va prendre des années et des années et des années à changer », a-t-il déclaré à la CBC.