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Senior Clinical Research Nurse Ajithkumar Sukumaran prepares the COVID 19 vaccine to administer to a volunteer, at a clinic in London, Aug. 5, 2020.
Kirsty Wigglesworth/AP
OpinionSanté

Le dispositif mondial de vaccination contre la COVID-19 dont les Canadiens ne sont pas informés

Pourquoi les Global Citizens doivent s'en préoccuper 
Si nous voulons vaincre la COVID-19, nous devons le faire pour tous. Cela signifie que tout le monde, partout, doit avoir un accès égal aux tests, aux traitements et aux vaccins mis au point pour combattre le virus et mettre fin à la pandémie. Le dispositif COVAX réunit les pays du monde entier dans la poursuite de cet objectif. Rejoignez le mouvement en passant à l'action ici pour faire entendre votre voix en faveur d'un accès équitable aux vaccins.

La semaine dernière, j'ai emmené ma petite fille de deux mois se faire vacciner contre la polio, la diphtérie et d'autres maladies. Cette expérience vous permet d'apprécier d'une toute autre manière un outil qui, pour nous, Canadiens, est facilement accessible, gratuit, et offre une immunité efficace contre les maladies infectieuses. 

La COVID-19 a fait de la valorisation des vaccins une priorité nationale, les Canadiens espérant qu'ils pourront renouer dès que possible avec les meilleurs aspects de notre vie, de notre économie et de notre société, tels qu'ils existaient avant la pandémie. 

Mais — croyez-le ou non — vacciner l'ensemble de la population canadienne ne devrait pas être notre objectif immédiat. Il s'agit d'une pandémie mondiale, à tel point que la santé et la sécurité économique de notre pays sont directement liées à la propagation du virus dans le monde entier, y compris dans les pays à faible et à moyen revenu. 

Le 31 août, le gouvernement du Canada a annoncé des accords avec Novavax et Johnson & Johnson, en plus de ceux conclus précédemment avec Moderna et Pfizer. Au total, ces accords fourniront au Canada au moins 88 millions — et au maximum 190 millions — de doses d'éventuels vaccins contre la COVID-19. 

Nous avons également appris que le Canada était en « phase finale » de négociations avec AstraZeneca pour obtenir des doses du candidat le plus avancé sur le plan clinique, actuellement en cours de développement à Oxford.

Ce qui n'a pas été dit ce jour-là, c'est que le Canada a également exprimé son intérêt à rejoindre le COVID-19 Vaccines Global Access Facility (COVAX), la seule solution de coopération mondiale en matière d'achat de vaccins contre la COVID-19, dirigée par la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI), Gavi, l'Alliance du Vaccin, et l'Organisation mondiale de la santé (OMS). 

Les pays à revenu élevé paient pour avoir accès à un portefeuille d'au moins neuf des meilleurs candidats vaccins, partagent le risque et mettent en commun leur pouvoir d'achat afin de réduire le prix par dose autant que possible. Ils sont également encouragés à financer une garantie de marché (AMC) afin de garantir un accès équitable aux vaccins pour les pays à faible revenu.

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L'objectif immédiat est de fournir 2 milliards de doses d'ici la fin de l'année 2021, afin que les pays participants puissent vacciner 20 % de leur population, c'est-à-dire les personnes qui en ont le plus besoin, y compris les travailleurs de santé, les personnes âgées et celles souffrant de tout autre problème de santé. 

Ce faisant, la pandémie serait beaucoup mieux maîtrisée et on gagnerait du temps pour atteindre un objectif à plus long terme, à savoir produire des vaccins et les distribuer à tous ceux qui en ont besoin, partout. 

Dans un monde parfait, ce serait la seule façon de se procurer des vaccins contre la COVID-19. Les prix seraient les plus bas, l'accès et la coopération seraient maximisés, et nous mettrions fin à la pandémie dans les meilleurs délais. 

En réalité, les pays riches — comme le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon et d'autres pays de l'Union européenne — dépensent des milliards pour garantir un accès de première ligne à toute leur population, malgré les avertissements de l'OMS selon lesquels le « nationalisme vaccinal » réduira l'offre. 

Plus de 2 milliards de doses ont déjà été précommandées par ces pays, souvent pour deux, trois, quatre ou même cinq fois la taille de leur population. 

Certains diront que c'est ce que devraient faire les gouvernements : se préoccuper de leur population et laisser le reste du monde se débrouiller tout seul. 

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Or, face à une pandémie mondiale qui a coûté la vie à des centaines de milliers de morts, et à une économie mondiale dont le Canada profite au détriment de billions de personnes, adopter une approche de coopération mondiale est non seulement la bonne chose à faire, mais aussi la chose la plus intelligente à faire pour les intérêts canadiens.

Après tout, de nombreux vaccins candidats échouent, tandis que d'autres ne procurent qu'une immunité limitée ou temporaire. Aucun pays ne peut garantir à ses citoyens qu'il a misé sur les bons chevaux dans cette course, alors pourquoi même en faire une course ?

Les dirigeants canadiens ont toujours adopté la bonne démarche en faveur d'une approche mondiale équitable. Le 4 mai, lors du premier sommet sur l'action mondiale contre le coronavirus, le premier ministre Trudeau a déclaré aux dirigeants mondiaux : « Nous savons que la sécurité de nos propres citoyens dépend de la façon dont nous assurons la sécurité des gens dans le monde entier. »

Lors du sommet « Global Goal: Unite For Our Future », organisé par Global Citizen et la Commission européenne, le 27 juin, M. Trudeau a aussi déclaré devant un public international : « Nous nous sommes également engagés à travailler avec les pays du monde entier sur la manière dont nous pouvons mettre en commun les efforts d'approvisionnement afin de garantir que tous les pays aient accès au vaccin... Mes amis, il est temps de nous unir pour notre futur. »

Le 15 juillet, il a également co-signé un article d'opinion dans le Washington Post intitulé « La communauté internationale doit garantir un accès mondial égal au vaccin contre la COVID-19. »

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Si un accès mondial égal n'est garanti qu'après nous-mêmes, nous souscrivons à une approche qui aggravera la pandémie et ses conséquences, notamment l'instabilité économique mondiale, l'augmentation de la pauvreté et l'insécurité alimentaire.  

Le Canada peut agir de manière juste et intelligente en adhérant officiellement au dispositif COVAX, en faisant preuve de leadership en tant que pays du G7 en soutenant publiquement et sans réserve le dispositif COVAX auprès de la communauté internationale, en informant fermement les Canadiens sur le dispositif COVAX autant que sur nos accords avec les entreprises pharmaceutiques, ainsi qu'en s'engageant davantage pour soutenir l'accès des pays à faible revenu aux ressources. 

Jusqu'à présent, la seule contribution du Canada a consisté à réaffecter les fonds précédemment promis à Gavi par le gouvernement Harper. Quelques heures avant l'annonce du vaccin canadien lundi, l'Union européenne a annoncé qu'elle accorderait 400 millions d'euros de garanties à COVAX afin de permettre aux pays à faible et moyen revenu de bénéficier d'un accès égal au vaccin dans le monde entier. 

Le Canada est réputé pour être en première ligne lorsqu'il s'agit de rassembler les pays autour de solutions communes. Si ma petite fille doit grandir dans un monde sans COVID-19, ce ne sera pas grâce à notre action isolée.

Vous pouvez passer à l’action ici pour demander à Justin Trudeau et à la ministre canadienne des finances Chrystia Freeland d'investir au moins 1 % des fonds canadiens de lutte contre la pandémie afin d'aider les pays à faible revenu à lutter contre COVID-19. Vous pouvez en savoir plus sur la COVID-19 et son impact sur les personnes les plus vulnérables du monde ici.