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A woman is pictured at an Ebola Treatment Center in Beni, Democratic Republic of Congo.
Vincent Tremeau/World Bank
Filles et Femmes

Selon un rapport, 51 femmes ont été sexuellement agressées par des travailleurs humanitaires durant la crise d’Ebola en RDC


Pourquoi les Global Citizens doivent s’en préoccuper
Pour réaliser les Objectifs mondiaux d’ici 2030, y compris l’objectif n°3 pour la santé et le bien-être de tous, une aide internationale coordonnée est primordiale, mais elle doit être menée dans le respect des populations locales. Comme le soulignent les Nations Unies, nous ne pourrons pas mettre fin à l’extrême pauvreté tant que les femmes continueront de faire l’objet de violences basées sur le genre (GBV). Vous pouvez passer à l’action sur cet enjeu ici.

Dans un nouveau rapport publié mardi par l’organisation non-gouvernementale the New Humanitarian et la Fondation Thomson Reuters, plus de 50 femmes en République démocratique du Congo (RDC) affirment avoir été victimes d’abus sexuels aux mains de travailleurs de santé humanitaire.

Les perpétrateurs désignés par les allégations sont, pour la plupart, des employés de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ainsi que des travailleurs de Médecins Sans Frontières (MSF), World Vision, Oxfam, Alima, et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). 

Le rapport précise que ces agressions se sont déroulées entre 2018 et 2020 dans la région de Beni, qui était alors aux prises avec une crise sanitaire liée à une recrudescence de cas d’Ebola. 

Durant cette période, la majorité des 51 femmes interviewées affirment avoir été contraintes à des rapports sexuels en échange de faveurs professionnelles. Embauchées à court terme en tant que cuisinières, agentes de nettoyage ou travailleuses sociales, certaines d’entre elles percevaient un revenu deux fois plus élevé que la moyenne, mais vivaient sous la menace de voir leur contrat d’emploi interrompu dans les cas où elles refusaient de faire suite aux avances des agresseurs.

Si les femmes visées par ces agressions témoignent aujourd’hui, certaines affirment avoir eu honte de dénoncer ces actes auparavant.

« J'étais terrorisée. Je me suis sentie dégoûtante. Je n'en ai même pas parlé à ma mère », a déclaré l’une d’entre elles dans une interview.

La liste exhaustive des nationalités des travailleurs en cause est encore inconnue, mais le rapport précise que certains de ces hommes étaient originaires de Belgique, de France, du Canada, du Burkina Faso, de Côte d’Ivoire et de Guinée. 

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Plusieurs conducteurs et travailleurs humanitaires locaux ont depuis confirmé les allégations, affirmant que ces comportements abusifs étaient courantes dans la région. 

Nidhi Kapur, une consultante spécialisée en égalité de genre auprès de CARE International, a quant à elle souligné que les abus étaient non seulement communs à Beni, mais aussi dans d’autres régions affectées par le virus d’Ebola. La pratique était même qualifiée de « passeport à l’emploi ».

De son côté, l’OMS a réagi à ces accusations dans un communiqué publié mardi. 

L’organisation y a qualifié les agressions d’actes « inacceptables » et affirme qu’ils « feront l’objet d’une enquête poussée ».

« Trahir les membres des communautés que nous servons est un acte répréhensible et constitue un comportement que nous ne tolérons chez aucun de nos employés, sous-traitants ou partenaires, peut-on lire dans le communiqué. Le directeur général a mis en place un examen attentif de ces allégations, ainsi que des questions plus générales de la protection dans le cadre des réponses aux urgences sanitaires. L’OMS a pour politique de ne tolérer aucune forme d’exploitation et d’abus sexuels. »

Les allégations révélées mardi interviennent deux ans après un scandale similaire qui a envoyé des ondes de choc dans le secteur de l’aide humanitaire internationale. En 2018, Oxfam faisait l’objet d’accusations similaires ; l’organisation s’était alors engagée à mettre fin à ces comportements.