L'industrie des médias et du cinéma a le pouvoir de façonner les perceptions culturelles et les attitudes envers les questions de genre pour le meilleur ou pour le pire.

Les stéréotypes genrés et la sous-représentation dans les médias contribue à l’irrespect nocif et à la violence envers les femmes. En outre, les enfants sont influencés par les stéréotypes genrés qu’ils observent dans les médias dès le plus jeune âge, ce qui peut perpétuer les préférences pour les activités et les contenus genrés, les croyances et les valeurs traditionnelles relatives aux rôles et personnalités de genre ainsi que leur état d’esprit quant aux attentes et aux possibilités d’avenir.

Générer du contenu médiatique par, pour, et à propos des femmes est une nécessité, si nous voulons un jour atteindre l’égalité de genre et offrir aux femmes et aux filles les mêmes possibilités d’éducation, d’emploi et de bien-être. Lorsque les groupes marginalisés, notamment les femmes et les filles, les personnes de couleur et les personnes handicapées, ne se voient pas représentés, ils n'ont pas le modèle qui leur permette de s'épanouir.

Découvrez pourquoi il est impératif de se battre en faveur d’une meilleure représentation des femmes dans les médias.

1. Les femmes ne représentent que 20 % des sources d’experts dans les médias

Les préjugés insidieux, les échéances courtes, le manque de femmes dirigeantes dans tous les secteurs confondus et les défis culturels sont autant de raisons qui affectent la capacité des journalistes à inclure des experts féminins dans leur panel. Les experts sont également catalogués par des croyances culturelles bien ancrées. 

Le manque d’inclusion d’experts femmes a d’importantes conséquences. Lorsque les experts hommes sont mis en avant, le travail et les contributions des femmes sont dévalorisés et elles sont privées de la reconnaissance qu’elles méritent. Exclure les femmes qui sont expertes dans leur secteur renforce l’idée que le travail des femmes est celui d’assistantes des hommes.

Le déséquilibre des sources expertes rappelle, par ailleurs, le pourcentage plus élevé d’hommes en position de pouvoir et d’autorité, et les tendances des femmes à ne pas faire preuve d’excès de confiance, même dans leur domaine d’expertise, notamment en raison du conditionnement sociétal.

En outre, la pandémie de COVID-19 a mis en lumière les inégalités de genre parmi les experts dans les médias. Une étude de plus de 146 800 articles sur la COVID-19, tirés de quinze plateformes médiatiques majeures aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Canada, a révélé que les femmes constituaient seulement un tiers des experts cités au sujet de la pandémie, et seulement un quart de ceux cités sur les questions d’épidémiologie et de santé publique.

Les femmes avaient deux fois plus de chances d’être citées sur les sujets touchant à l’impact de la pandémie sur la garde des enfants et les violences domestiques, mais moins d’une femme sur six était citée sur les questions financières et économiques.

2. Seulement 24 % de personnes entendues, lues, ou vues dans les journaux, à la télé ou à la radio sont des femmes

En 2015, le Global Media Monitoring Project a publié la plus vaste étude sur l'image, la participation et la représentation des femmes dans les médias d'information, menée sur 20 ans et couvrant 114 pays. Celle-ci a dévoilé que moins d’un quart des sources expertes dans ces médias d’information étaient des femmes. Lorsque les femmes sont présentes, elles ont plus de chance d’être invitées à parler d’expériences personnelles, d’opinions populaires ou d’être invitées en tant que témoins oculaires.

Si l’égalité de genre dans la société reflète l’égalité de genre dans l'actualité, il nous faudra encore au moins trois quarts de siècle pour atteindre la parité.

3. Seuls 4 % des reportages traditionnels et numériques remettent explicitement en cause les stéréotypes de genre

Renforcer les stéréotypes est nuisible puisque cela empêche les femmes et les hommes de développer leurs compétences, de construire leur carrière professionnelle et de contrôler leurs choix de vie.

Près de la moitié des informations, 46 % renforce les stéréotypes de genre, selon une analyse de contenu médiatique réalisée par l’Organisation internationale du travail (OIT). L’OIT considère que la représentation médiatique normalise l’exclusion des femmes et des filles. En outre, les médias papier et en ligne ont tendance à donner une image stéréotypée des femmes, les décrivant comme épouses ou mères, soumises, en souffrance, uniquement dans le contexte du foyer, ou étant la rivale d’une autre femme.

4. Les femmes ne font l’objet de la couverture politique et gouvernementale que 16 % du temps

Le manque de représentation des femmes dans la sphère politique est un phénomène mondial. Les femmes étaient moins visibles dans la couverture politique, selon le rapport du GMMP de 2015, de trois points de pourcentage de moins qu’elles ne l’étaient cinq ans auparavant.

Les femmes ne sont chef d’état ou de gouvernement que dans 22 pays, ce qui laisse quelque 119 pays qui n’ont jamais eu de femme dirigeante. Les femmes ne devraient pas atteindre la parité aux plus hauts postes de pouvoir avant 130 ans.

Pourtant, toutes les sociétés ont tout à gagner à ce que les femmes soient plus nombreuses à occuper des postes de dirigeants. Il est, en effet, établi que la participation des femmes dans la sphère politique améliore la démocratie, place les besoins des citoyens en avant, accroît la coopération entre les partis et les cultures, et favorise un futur plus durable.

5. Seuls 6 % des reportages mettent en lumière les questions d'égalité ou d'inégalité de genre

Le manque d'attention accordée aux questions d'égalité de genre reflète la faible exposition des récits des femmes dans les médias en général. Les femmes ne représentent que 26 % des personnes figurant dans les articles d'actualité sur Internet et les tweets d'actualité des médias.

6. Les femmes reporters ne sont responsables que de 37 % de la couverture médiatique

Lorsque les femmes sont invitées à la table des négociations, elles sont plus susceptibles de défendre les intérêts d'autres femmes. Le manque de représentation dans les salles de rédaction et les entreprises de médias signifie que les femmes ont moins d’occasions de partager les expériences d’autres femmes et les problèmes qu’elles rencontrent. Les femmes journalistes sont également deux fois plus enclines à remettre en question les stéréotypes de genre dans leurs reportages que les journalistes masculins.


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Par Leah Rodriguez