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Une vidéo montrant un homme noir passé à tabac par la police française déclenche de vives réactions à Paris et ailleurs


Pourquoi les Global Citizens doivent s'en préoccuper
Les Nations Unies appellent les dirigeants mondiaux à réduire les inégalités et à créer des sociétés saines dans le cadre de leur feuille de route pour atteindre les objectifs mondiaux d'ici 2030. Vous pouvez rejoindre le mouvement en passant à l’action sur cette question et bien d'autres ici.

Une vidéo montrant des policiers en train de tabasser un producteur de musique noir à Paris a suscité l'indignation et renouvelé les demandes d'actions concrètes contre les violences policières en France.

Michel Zecler, 41 ans, se rendait à un studio d'enregistrement situé dans le quartier résidentiel chic du 17e arrondissement lorsque trois policiers l'ont suivi et violemment agressé alors qu'il entrait dans l'immeuble le 21 novembre. 

Les extraits vidéo, enregistrés par les caméras de sécurité et publiés le 26 novembre par le média français Loopsider, témoignent du passage à tabac de ce dernier pendant sept minutes, alors qu'il tente de se couvrir le corps et le visage des coups de poing, de pied et de matraque assénés par les policiers. 

M. Zecler a également déclaré avoir été victime d'insultes à caractère raciste lors de l'attaque, selon plusieurs sources. 

« J'aimerais que ça ne recommence plus. Caméra ou pas. Ça ne devrait pas arriver, a-t-il affirmé. « Ils sont là pour nous protéger. Plein font bien leur travail. Et leur travail à eux est terni. »

Les autorités françaises ont condamné l'incident dans un climat de méfiance ambiante entre les citoyens et les forces de l'ordre.

Dans une série de tweets, le président français Emmanuel Macron a déclaré que le gouvernement étudiait des propositions « pour réaffirmer le lien de confiance qui devrait naturellement exister entre les Français et ceux qui les protègent ».

« Les images que nous avons tous vues de l’agression de Michel Zecler sont inacceptables. Elles nous font honte, a-t-il affirmé. Ceux qui font appliquer la loi doivent respecter la loi. Je n’accepterai jamais que la violence gratuite de quelques-uns entache le professionnalisme de femmes et d’hommes qui, au quotidien, assurent notre protection avec courage. »

Mais ces commentaires n'ont pas suffi à apaiser les vives critiques suscitées par un nouveau projet de loi sur la sécurité globale, adopté par l'Assemblée nationale la semaine dernière et en passe d’être discuté au Sénat en janvier prochain.

L'article 24 de la proposition de loi interdirait la diffusion d'images dans lesquelles les officiers de police sont facilement identifiables lorsque ces images sont diffusées avec l'intention de leur nuire.

Les détracteurs affirment que, dans sa version actuelle, le libellé de cette disposition est trop vague et subjectif, ce qui menacerait la liberté de la presse et découragerait les groupes de défense des droits humains, les journalistes et les activistes de dénoncer les cas de violences policières et d'injustice raciale. 

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a exprimé des préoccupations similaires, craignant que l'article « puisse conduire à des violations importantes des droits humains et des libertés fondamentales, en particulier le droit à la vie privée et le droit à la liberté d'expression ».

Ces garanties figurent parmi les priorités définies par les Nations Unies pour mettre fin à l'extrême pauvreté au cours de la prochaine décennie.
Le week-end dernier, plus de 130 000 personnes ont manifesté dans les rues de Paris contre le projet de loi, tandis des milliers d'autres se sont rassemblées dans des villes comme Lille, Clermont-Ferrand, Montpellier et Strasbourg.

Ces rassemblements ont donné lieu à de violents affrontements entre policiers, manifestants et journalistes, parmi lesquels Ameer Alhalbi, un photographe indépendant primé qui a été gravement blessé par un coup de matraque sur la place de la Bastille.

Des personnalités éminentes, dont le footballeur international Kylian Mbappé, ont également exprimé leur soutien à M. Zecler sur les réseaux sociaux, soulignant que de tels actes de violence étaient « inacceptables » et « insupportables ».

Trois officiers de police impliqués dans l'attaque ont depuis été mis en examen pour « violences par personne dépositaire de l'autorité publique » et faux en écriture publique, tandis que deux autres ont été placés en détention provisoire, et un autre sous contrôle judiciaire, selon France Info.

Tous ont nié les allégations d'abus racistes et ont affirmé que le studio d'enregistrement empestait le cannabis, alors qu'une infime quantité a été trouvée dans un petit sac, a indiqué Rémy Heitz, le procureur de la République de Paris, lors d'une conférence de presse tenue dimanche.