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Santé

Une récente étude atteste d’une meilleure confiance dans les vaccins dans certains pays du globe


Pourquoi les Global Citizens doivent s’en préoccuper
De nombreuses maladies pourraient être évitées chaque année à l’aide d'interventions médicaux efficaces tels que les vaccins. La vaccination est également essentielle à la reprise post-COVID-19 ainsi qu’à la réalisation des Objectifs mondiaux des Nations Unies, dont l’objectif n°3 pour le bien-être et la santé de tous. Vous pouvez passer à l’action sur ces enjeux ici.

À l’heure où les chercheurs du monde entier sont lancés dans une course effrénée pour trouver un traitement à la COVID-19, l'inoculation est devenu un sujet de société crucial.

Pourtant, une nouvelle étude atteste d’une confiance mondiale relativement faible dans la vaccination, malgré une légère amélioration dans certains pays du globe.

L’étude, menée par des chercheurs du Imperial College de Londres et publiée dans la revue médicale the Lancet vendredi, tire ces conclusions sur la base de tendances observées à travers 149 pays de la planète entre 2015 et 2019. Durant cette période, près de 284 000 adultes ont été interrogés au cours de sondages et d’entretiens dans le but d’identifier leurs convictions concernant la sûreté, l’importance et l’efficacité des vaccins.

« Il est important de faire un suivi régulier des attitudes nationales à l'égard des vaccins afin d'établir des niveaux de confiance de base … et de repérer les signes avant-coureurs d'une perte de confiance dans les vaccins dans le monde entier », a déclaré à l’Imperial College de Londres le Dr Alex de Figueiredo, co-auteur de l’étude. 

L’enjeu de la confiance dans la vaccination est en effet essentiel, puisqu’il figurait déjà parmi les 10 menaces les plus importantes à la santé mondiale en 2019, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Lorsque le niveau de confiance d’une population donnée envers la vaccination est faible, la propagation de maladies évitables telles que la polio, la rougeole ou la méningite est favorisée, rapporte l’Imperial College

Heureusement, les résultats sont pour le moins encourageants dans certains pays d’Europe : l’étude constate une faible amélioration de la confiance dans la sûreté des vaccins au Royaume-Uni, en Irlande, mais aussi en France, où elle était extrêmement faible depuis 2015. Le taux de confiance des Français, s’il reste relativement minime, a augmenté de 8 % entre 2015 et 2019.

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À l’inverse, des « tendances inquiétantes » ont été observées en Azerbaïdjan, en Afghanistan, en Indonésie, au Nigéria, au Pakistan et en Serbie, ces pays enregistrant des forts taux de défiance à la vaccination. En cause, l’instabilité politique et l’extrémisme religieux qui favorisent l’apparition d’attitudes négatives à l’égard des vaccins. Similairement, en Pologne, seulement 64 % des répondants s’estimaient convaincus de la sûreté des vaccins en novembre 2018, contre 53 % en décembre 2019. Les chercheurs attribuent cette chute de confiance à « l'impact croissant d'un mouvement anti-vaccin local très organisé ». 

Néanmoins, une mauvaise confiance dans la sûreté des vaccins ne signifie pas forcément une remise en question de leur efficacité, selon les chercheurs. L’importance de la vaccination semble ainsi faire l’unanimité quasi-totale dans certains pays tels que l’Irak (95 %), le Libéria (93 %) et le Sénégal (92 %). 

« Nos conclusions suggèrent que les gens ne sous-estiment pas nécessairement l'importance de vacciner leurs enfants, même s'ils ont des doutes sur la sécurité des vaccins », a ainsi déclaré la Dre Clarissa Simas, co-auteure principale de l'étude. 

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Si ces résultats peuvent être encourageants, ils ont toutefois été recensés avant la survenue de la pandémie de COVID-19. Les chercheurs soulignent donc la nécessité d’identifier promptement les tendances négatives pour les contrecarrer à temps et assurer que chacun puisse bénéficier d’un vaccin contre la COVID-19 lorsque celui-ci sera prêt. Selon la Dre Simas, il est notamment essentiel pour la communauté médicale de promouvoir un climat de confiance autour de cet enjeu.

Une nouvelle étude d’ampleur mondiale a d’ailleurs déjà été initiée afin d’identifier de potentiels obstacles à la vaccination à la COVID-19.

« Notre suivi nous aide également à comprendre quels sont les pays et les groupes sociaux qui pourraient être réticents à l'idée de recevoir un vaccin [contre la] COVID-19, a affirmé le Dr de Figueiredo. Nous sommes actuellement en train de recueillir des données dans de nombreux pays du monde entier pour comprendre le degré de confiance dans un vaccin [contre la] COVID-19. Au Royaume-Uni, nous interrogeons plus de 15 000 personnes pour cartographier les attitudes à l'égard des vaccins sur le plan sous-national afin d'identifier les barrières locales à leur utilisation. »

Dans le contexte de la pandémie, les fausses idées se propagent en effet sur Internet à un rythme alarmant. Des groupes WhatsApp aux réseaux sociaux, de nombreuses informations erronées ou scientifiquement infondées trouvent leur résonance. Cette situation a d’ailleurs récemment été qualifiée d’« infodémie » par l’OMS.