Global Citizen est une communauté de gens qui vous ressemblent

Des personnes qui veulent en savoir plus sur les défis les plus importants de notre planète et comment y faire face. L'extrême pauvreté prendra fin grâce à vous.

Filles et Femmes

Des étudiants québécois réclament une loi sur le harcèlement sexuel à l’école primaire et secondaire


Pourquoi les Global Citizens doivent s’en préoccuper
Pour éliminer la pauvreté partout dans le monde, il est essentiel de bâtir un monde juste où les femmes et les filles ont des droits et des opportunités égales à leurs pairs. L’accès à l’éducation est également crucial à la réalisation de cet objectif, mais il ne sera pas possible d’y parvenir tant que les inégalités de genre subsistent. Global Citizen fait campagne sur cet enjeu et bien d’autres, sur lesquels vous pouvez passer à l’action ici.

Au Québec, un groupe d’anciens et d'actuels élèves du secondaire s’élève contre les violences sexuelles au sein des écoles de la province.

Le groupe réclame notamment l’adoption d’une loi sanctionnant explicitement le harcèlement sexuel et la mise en place de protocoles précis pour réprimer ces comportements, rapporte Radio-Canada.

Sophie, l’une des étudiantes faisant partie de ce groupe, a elle-même été victime de harcèlement : à l’époque âgée de 15 ans, elle a subit des commentaires désobligeants sur sa poitrine de la part d’un professeur. Bien qu’elle ait demandé de l’aide au personnel de l’école, elle affirme que ses préoccupations n’ont pas été prises au sérieux. Aujourd’hui, elle plaide pour que les choses changent.

« C'était comme si on essayait de banaliser ma situation et de me dire que je n'ai pas besoin de m'énerver pour cela, que je n'avais pas besoin d'être frustrée par ça », a-t-elle anonymement déclaré à Radio-Canada, avant d’ajouter : « Eh bien non ! Ce n'est pas normal. Ce n'est pas normal de banaliser cette situation. »

D’autres étudiants ont rejoint la jeune femme, aujourd’hui âgée de 20 ans, pour dénoncer ces comportements ; mais ils sont répandus bien au-delà du Québec.

Au Canada, plus d’un tiers des jeunes a déjà subi des violences à l’école, selon un récent sondage réalisé pour CBC/Radio-Canada. Au niveau mondial, 246 millions d’élèves sont aussi victimes de harcèlement chaque année, selon le United Nations Girls’ Education Initiative

Bien que les filles et les garçons en soient tous les deux affectés, le harcèlement prend des formes différentes selon le genre. D’après ONU Femmes, les filles subissent notamment plus souvent des moqueries liées à leur physique et des intimidations de type psychologique. Le harcèlement exacerbe également les inégalités et les violences liées au genre que connaissent déjà les femmes et les filles en les privant d’un accès égal à la scolarité — un enjeu au centre des Objectifs de développement durable des Nations Unies.

Articles liés 15 juillet 2020 Cette application permet de signaler les violences sexistes et sexuelles en France

Pourtant, le problème n’est pas encore suffisamment pris au sérieux par les dirigeants : aujourd’hui, selon la Banque mondiale, seuls 51 pays disposent de loi pour lutter contre le harcèlement sexuel. Et bien que des avancées importantes aient été enregistrées à travers la planète, notamment avec l’adoption de lois par des pays tels que l’Egypte, le Mozambique et le Sri Lanka, des progrès majeurs restent encore à faire.

Le Québec estime quant à lui que le cadre légal en place est déjà amplement suffisant.

« L'encadrement légal est déjà en place et des protocoles d'intervention en matière de violence, incluant les violences sexuelles, sont déjà exigés aux établissements d'enseignement primaires et secondaires » a ainsi déclaré Esther Chouinard, porte-parole du ministère de l'Éducation, en référence à la Loi sur l'instruction publique, à Radio-Canada.

Les critiques affirment cependant que la loi en vigueur ne facilite ni la dénonciation du harcèlement, ni la formation du personnel scolaire à ce type d’incident. Ils exigent donc une réforme de fond, mais la province québécoise défend son choix de ne pas modifier sa législation à l’heure actuelle.