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Des chercheurs ont conçu des épinards capables d'envoyer des courriels. Voici ce que cela veut dire pour le climat.

Cet article a initialement été publié sur Thred Media.

Vous êtes-vous déjà demandés à quoi pensait votre salade à l'heure du déjeuner ? Souhaitez-vous souvent qu'elle puisse communiquer avec vous par voie numérique, grâce au courrier électronique ? Comment ça, non ?

Quelle que soit votre opinion personnelle sur le fait de communiquer avec des légumes, des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) aux États-Unis ont mis au point des épinards capables de détecter des matières explosives dans le sol et de transmettre des informations par courrier électronique.

Qu'on se le dise, en principe, ce n'est pas l'épinard lui-même qui envoie des messages. Vous ne verrez pas des plantes individuelles ouvrir leur propre compte Hotmail et envoyer des rappels passifs-agressifs à des collègues au moyen d’un clavier.

Alors, de quoi s'agit-il ?

Les racines de la plante d'épinards détectent la présence de composés nitroaromatiques, que l'on trouve généralement dans les explosifs tels que les mines terrestres, dans les eaux souterraines.  Les nanotubes de carbone contenus dans les feuilles de la plante émettent alors un signal qui est capté par une caméra infrarouge et renvoyé à un laboratoire via ces courriels pratiques.

Jusqu'à présent, ce système n'a été utilisé que pour détecter des matériaux explosifs, mais les scientifiques estiment qu'il pourrait facilement être adapté pour nous avertir de la pollution et d'autres changements de conditions environnementales.

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De premières expérimentations en matière de recherche nanobionique sur les plantes ont déjà démontré que nous pouvons les utiliser pour garder un œil sur les polluants. Le professeur Michael Strano, qui dirige ce projet d'envoi de choux par courrier électronique, a déjà modifié la façon dont les plantes procédaient à la photosynthèse. Il a ainsi été possible de détecter l'oxyde nitrique, un polluant causé par la combustion.

Les plantes réagissent à une tonne d'informations concernant leur environnement, ce qui en fait des candidates idéales pour la conservation et le suivi environnemental : il s'agit simplement de traduire ces informations en données tangibles, ce qui peut être délicat.

Qu'est-ce que cela signifie pour le changement climatique ?

Un avantage évident serait de disposer de données précises sur les comportements climatiques et d'une plus grande capacité à prévoir ce qui pourrait fluctuer en termes de niveaux de polluants, de températures, de qualité de l'air, etc.

Le professeur Strano note que « les plantes sont très réactives », ajoutant qu'elles « savent qu'il va y avoir une sécheresse bien avant nous ». Comprendre comment les plantes réagissent et réagissent à ces informations pourrait offrir une « richesse d'informations à laquelle on peut accéder ».

Outre les courriels, on a également constaté que les épinards rendent les piles à combustible plus efficaces. L'épinard lui-même est converti en nanofeuilles de carbone qui permettent de fabriquer des piles métal-air. Et vous pensiez que cette plante ne pouvait seulement être mangée ?

Bientôt, nous pourrions alimenter nos gadgets avec l'énergie des feuilles d'épinards. Peut-être que des haricots tout droit venus d'Espagne pourraient participer à un appel vidéo de temps en temps ? L'avenir, c'est maintenant.