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Santé

Cet animal marin pourrait aider à lutter contre une redoutable maladie et faire reculer la pauvreté


Pourquoi les Global Citizens devraient s’en préoccuper
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L’élevage de la crevette africaine d’eau douce pourrait non seulement être utilisé comme stratégie contre les maladies tropicales négligées (MTN), mais pourrait également faire reculer la pauvreté, selon une récente étude.

L’étude, publiée dans le journal scientifique Nature Sustainability, met l’accent sur l’idée que puisque la crevette africaine est un prédateur de l’escargot d’eau douce qui transmet la MTN schistosomiase, elle pourrait être utilisée pour les éradiquer et ainsi, éliminer la menace de la maladie.

La schistosomiase, qui est aussi appelée bilharziose ou « la fièvre de l’escargot », touche plus de 200 millions de personnes autour du monde, et affecte surtout les communautés d’Afrique subsaharienne.

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La maladie parasitaire se transmet par les vers trématodes infectés. Les vers utilisent les escargots comme hôtes, en se développant et en se multipliant à l’intérieur d’eux, pour finalement se retrouver dans l’eau lorsqu’ils sortent de leurs hôtes. Ils peuvent infecter les personnes qui entrent en contact avec la source d’eau — les nageurs, les baigneurs ou les personnes qui font leurs tâches domestiques dans l’eau.

Certains des premiers symptômes de la schistosomiase comprennent une éruption cutanée ou des démangeaisons de la peau, mais au bout d’un mois ou deux, ils peuvent se transformer en fièvre, frissons, toux, douleurs musculaires ou urine ensanglantée. Si la maladie n’est pas traitée durant des années, elle peut entraîner des dégâts de l’intestin, le foie, la vessie ou les poumons. La schistosomiase génitale chez les femmes est une variation de la schistosomiase avec des effets dévastateurs allant des démangeaisons génitales et des rapports sexuels douloureux, à l’infertilité et même à un risque accru de VIH.

Les MTN comme la schistosomiase impactent de manière disproportionnée les communautés vivant dans la pauvreté. Il y a 149 pays et territoires dans le monde qui sont au moins affectés par une MTN — 100 % des pays à faible revenu sont touchés par plusieurs d’entre elles.

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Les chercheurs qui ont réalisé l’étude disent qu’il est nécessaire de mettre en place davantage de mesures pour contrôler la maladie si l’Organisation mondiale de la santé veut atteindre son objectif de l’éliminer d’ici 2025. C’est pourquoi ils se tournent vers les crevettes.

La crevette africaine d’eau douce mangerait de grandes quantités d’escargots, éliminant ainsi les hôtes de la maladie. L’élevage des crevettes pourrait également offrir de nouvelles perspectives de revenus pour les éleveurs d’Afrique subsaharienne, en plus d’être une excellente source de nutrition.

L’auteur principal de l’étude a également ajouté qu’il n’y a aucun danger pour les personnes qui consomment des crevettes qui auraient ingéré les escargots, parce que la schistosomiase se transmet par la peau.

« L’aquaculture en eau douce est soutenue par les gouvernements comme une manière d’améliorer la production alimentaire et de fournir des revenus aux petits exploitants agricoles. Mais il existe également un potentiel d’intégrer cette solution dans la stratégie de lutte contre la transmission de la schistosomiase. C’est gagnant-gagnant », a déclaré au journal the Telegraph Giulio De Leo, professeur de biologie à l’Université de Stanford et principal auteur de l’étude.

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L’équipe de recherche a testé sa théorie au Sénégal.

Les chercheurs ont noté que la population de crevettes avait chuté dans une rivière du Sénégal après qu’un barrage a été construit parce que les crevettes ne pouvaient pas migrer en amont et en aval de la rivière comme elles le feraient normalement pour compléter leur cycle de vie. La chute de la population de crevettes a entraîné une augmentation des cas de schistosomiase.

Lorsque les chercheurs ont rempli de nouveau la rivière de crevettes, ils ont constaté une diminution drastique des taux de réinfection dans la communauté.

M. De Leo a dit que les restaurateurs et les agriculteurs s’intéressent à l’ajout des crevettes à leurs menus, et les auteurs de l’étude pensent qu’un petit agriculteur pourrait gagner jusqu’à environ 5 500 $ sur 10 ans.