Assurer une relance équitable est au cœur de l'Assemblée générale des Nations unies, qui s'est ouverte cette semaine à New York. 

La pandémie a accéléré une prise de conscience de notre vulnérabilité et de notre interdépendance, et de la nécessité d'apporter une réponse collective aux grands défis mondiaux auxquels l'humanité est confrontée. Les organisations de la société civile sont  un acteur essentiel de cette action coopérative contre les périls mondiaux, mais elles ne peuvent pas œuvrer seules.

Les gouvernements doivent se rendre compte de l’urgence et de la nécessité de cette coopération et collaborer de façon plus étroite avec la société civile pour trouver des solutions urgentes à la pandémie et à l'urgence climatique. 

Malheureusement, nous avons plutôt été témoin du contraire ces derniers mois. Le nationalisme vaccinal, dont ont fait preuve les pays riches, ainsi que la ruée vers les doses ont contribué à  les pays les plus pauvres à leur sort, à l'heure où  la pandémie ne pourra être maîtrisée que si chacun·e a un accès égal aux vaccins et aux traitements.

Les dirigeants font également preuve de  vision à court terme  dans la lutte contre le changement climatique. À quelques semaines seulement de la prochaine conférence sur le climat, la COP26, qui se tiendra à Glasgow, les gouvernements se montrent encore beaucoup trop hésitants à prendre les engagements politiques et financiers nécessaires pour garantir un avenir neutre en carbone et pour protéger les pays les plus vulnérables des effets dévastateurs du réchauffement climatique. 

Quelles sont les conséquences d’une telle inaction ? Concrètement, cela signifie des vies perdues et une augmentation de la pauvreté, la faim et l'érosion des droits humains. L'année dernière, en raison de la pandémie, 101 millions d'enfants supplémentaires sont passés sous le seuil minimum d'alphabétisation, portant à 584 millions le nombre d'enfants qui ne savent ni lire ni écrire. Par ailleurs, entre 70 et 161 millions de personnes supplémentaires souffrent de la faim chaque jour. Aussi, 119 à 124 millions de personnes supplémentaires sont tombées sous le seuil de pauvreté, dont 150 millions qui ont basculé dans l'extrême pauvreté.

Des décennies de progrès vers la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), également connus comme les Objectifs mondiaux, des Nations unies, qui visent à éliminer la pauvreté dans le monde d'ici 2030, sont en train de s'inverser sous nos yeux.

Toutefois, rien n'est gravé dans le marbre. Nous, la communauté internationale, avons le pouvoir de « reconstruire en mieux » et d'accélérer les progrès vers la réalisation des ODD en veillant à ce que personne ne soit laissé pour compte. Nous savons déjà quels résultats nous souhaitons obtenir et comment nous y prendre.

En effet, nous disposons déjà de cadres collectifs, de feuilles de route adoptées et validées par la communauté internationale , pour aborder ces questions. Quant aux enjeux du  développement durable, comme l'éradication de la pauvreté, l'accès à l’éducation, la santé, l'équité, la promotion de la démocratie  ou encore la protection de notre planète, les ODD proposent 17 objectifs clairs que chaque gouvernement doit atteindre d'ici 2030.

En matière de changement climatique, la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) se réunit chaque année pour convenir de mesures, guidées par les dernières données scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. 

Quant aux droits des femmes, la France et le Mexique ont co-organisé cette année le Forum Génération Égalité, qui a défini un plan d'action et d'investissement clair pour atteindre l'égalité femmes-hommes.  

Derrière ces textes et cadres internationaux, il y a la communauté internationale qui œuvre  pour renforcer, mettre en œuvre et faire vivre ces accords. Cette communauté, diverse, est incarnée par des citoyen·ne·s, des organisations à but non lucratif, le secteur privé, les autorités publiques, les philanthropes ainsi que les militant·e·s et activistes. 

Les organisations de la société civile sont des acteurs essentiels car elles ont à la fois le pouvoir d'agir et celui de motiver les autres à agir. Global Citizen, par exemple, tire parti du pouvoir de l'action collective des citoyen·ne·s et de la visibilité des artistes qui se produisent sur la scène de ses festivals, pour obtenir des engagements en matière de développement de la part des gouvernements et du secteur privé, ainsi que pour encourager la cohérence entre les paroles et les actes. L’organisation demande également à ceux et à celles qui s’engagent des comptes, si nécessaire. Cette approche fonctionne. Le concert VAX LIVE de Global Citizen, qui a eu lieu en mai dernier à Los Angeles, a permis de récolter 302 millions de dollars et 26 millions de doses de vaccin contre la COVID-19.

Le Forum de Paris sur la Paix est un autre exemple d'organisation qui s'efforce de maximiser cette action collective, en identifiant et en soutenant des projets du monde entier qui font avancer l'agenda des Objectifs mondiaux, et en rassemblant des coalitions de gouvernements, d'organisations internationales, de la société civile et d'entreprises pour établir de nouvelles règles, augmenter les ressources ou simplement mieux coordonner les acteurs. 

Cette approche novatrice de la diplomatie internationale a permis au Forum de Paris sur la Paix de contribuer à la mobilisation de 500 millions de dollars pour l’ACT-A, l'accélérateur de vaccins, de tests et de thérapies contre la COVID-19, ce qui a contribué à renforcer la vaccination dans les pays en développement.

Global Citizen et le Forum de Paris sur la Paix sont donc des partenaires naturels, fiers de travailler ensemble sur ces questions, notamment lors de deux événements clés à venir. Le 25 septembre, lors du concert Global Citizen Live Paris, Global Citizen et le Forum de Paris sur la Paix uniront leurs forces autour de trois de ces défis : l'équité vaccinale, l'action climatique et l'inversion du déclin du développement mondial. 

Nos deux organisations poursuivront ce travail lors de la prochaine réunion du Forum de Paris sur la Paix, qui se tiendra à Paris du 11 au 13 novembre 2021. Fort de la présence de nombreux·ses chef·fe·s d'État et dirigeant·e·s mondiaux·les, le Forum de Paris sur la Paix accueillera des coalitions ambitieuses pour  que la Terre ne se réchauffe au-delà de 1,5 degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels et assurer l'équité vaccinale, entre autres.

Global Citizen et le Forum de Paris sur la Paix sont convaincus que leurs organisations, et les citoyen·ne·s du monde entier, ont le pouvoir et le devoir d'agir. Nous pouvons tout·e·s faire la différence pour bâtir le monde dans lequel nous voulons vivre, afin que personne ne soit laissé pour compte. Cependant, les organisations de la société civile ne peuvent y parvenir seules.

Les gouvernements ont une double responsabilité : ils peuvent incarner une force pour le bien dans le monde tout en soutenant et en facilitant l'action d'autres acteurs du changement, qui jouent un rôle crucial pour sensibiliser les gens aux défis mondiaux et à la lutte contre la pauvreté partout dans le monde.

Les défis mondiaux exigent des solutions mondiales. Nos deux organisations continueront à travailler côte à côte pour identifier ces solutions, en construisant, ensemble, le monde de demain aux côtés de celles et ceux qui croient en la dignité, l'équité et la prospérité durable pour tout·e·s.


Vous pouvez rejoindre la campagne Global Citizen Live en passant à l'action ici pour défendre la planète et vaincre la pauvreté, et faire partie d'un mouvement porté par des citoyens du monde entier qui agissent de concert avec les gouvernements, les entreprises et les philanthropes pour changer les choses.

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Advocacy

Exiger l’équité

Forum de Paris sur la Paix : pour mieux reconstruire, reconstruisons ensemble

Par Michael Sheldrick  et  Justin Vaisse