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Munni (9 years old) searches for metal in pile of garbage on the bank of river Buriganga in Old Dhaka.
UNICEF: Shehzad Noorani
Santé

D'après l'ONU, 800 millions d'enfants dans le monde sont exposés à l’intoxication au plomb

Pourquoi les Global Citizens doivent s'en préoccuper
Le saturnisme est une crise de santé publique qui touche des centaines de millions d'enfants dans le monde. Les Nations Unies appellent les pays à protéger les enfants contre ce danger environnemental, tout en garantissant l'accès à des soins de santé de qualité aux personnes touchées. Vous pouvez nous rejoindre en agissant sur des sujets connexes ici.

On estime qu'un enfant sur trois dans le monde, soit environ 800 millions de personnes, est intoxiqué au plomb à des proportions associées à une diminution de l'intelligence et à des problèmes de développement, selon un nouveau rapport de l'UNICEF et de l'association environnementale à but non lucratif Pure Earth.

Le plomb s'infiltre dans les sources d'eau potable, imprègne l'air de particules de poussière et contamine les aliments, ce qui affecte principalement les personnes vivant dans les pays à faible revenu et les communautés pauvres. Le rapport indique que cette pollution cumulée est à l'origine d'une crise sanitaire mondiale qui compromet le bien-être futur des enfants dans le monde entier, accentue les inégalités et diminue le potentiel de sociétés entières. 

Les Nations Unies appellent à un effort coordonné au niveau mondial pour mettre fin à cette menace. 

« Avec peu de symptômes initiaux, le plomb ravage silencieusement la santé et le développement des enfants, avec des conséquences potentiellement fatales, a déclaré Henrietta Fore, directrice générale de l'UNICEF. Connaître l'ampleur de cette pollution au plomb — et comprendre la destruction qu'elle cause sur les vies des individus et des communautés — doit inspirer une action urgente pour protéger les enfants une fois pour toutes. »

Le plomb est couramment utilisé depuis des milliers d'années en raison de sa malléabilité et de sa capacité à fondre facilement. Les premiers imprimeurs y recouraient déjà pour leurs textes : l'essence était mélangée au plomb pour prévenir l'usure des moteurs, et les fabricants ajoutaient du plomb à la peinture pour accélérer le séchage et accroître la longévité des produits. Au cours des dernières décennies, les scientifiques ont pris conscience des effets néfastes du plomb sur le corps humain, en particulier sur les enfants, et son utilisation a considérablement diminué.

Aujourd'hui, selon le rapport, le plomb pénètre dans l'environnement de plusieurs façons, qui sont toutes évitables.

Les batteries au plomb représentent 85 % du plomb utilisé dans le monde. Le nombre de véhicules achetés et vendus au cours des dernières décennies est monté en flèche, entraînant une augmentation de la quantité de batteries usagées et mises au rebut. Dans des régions telles que les États-Unis et l'Union européenne, environ 95 % des batteries au plomb sont recyclées de manière sûre et durable.

Les pays à faible et moyen revenu, quant à eux, manquent souvent d'infrastructures de recyclage adéquates. Les piles usagées sont généralement traitées par des opérateurs informels, en plein air, qui n'ont pas de protocoles de sécurité appropriés. En conséquence, le plomb s'infiltre dans le sol, contamine l'eau potable et est directement inhalé avant de se retrouver sur les vêtements des ouvriers. 

Les réseaux d'eau équipés de tuyaux en plomb sont une autre source majeure de pollution. Aux États-Unis, on a pris conscience de l'ampleur du problème à la suite du désastre lié à la crise de l'eau à Flint, dans le Michigan. Au total, on estime à 6,1 millions le nombre de foyers américains dont l'eau du robinet est acheminée par des tuyaux en plomb. 

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On trouve également du plomb dans les peintures et les pigments, les poêles à frire et autres outils de cuisine, les boîtes de conserve, les épices, les cosmétiques, les médicaments, les jouets et divers autres produits. Dans les pays où la réglementation sur le plomb est peu stricte ou laxiste, les sources de contamination potentielles sont innombrables. 

Comme le plomb s'accumule dans l'environnement, les enfants sont particulièrement vulnérables à ses effets. 

Ils absorbent en effet quatre à cinq fois la quantité de plomb qui pénètre dans leur corps à l'âge adulte. Ils consomment également plus de nourriture, d'eau et d'air par unité de poids que les adultes, et leurs barrières hémato-encéphaliques encore en développement permettent à une plus grande quantité de plomb de pénétrer dans leur cerveau. Comme les enfants jouent à l'extérieur, ils sont souvent exposés à une plus grande quantité de plomb dans le sol et dans l'air. 

Les enfants exposés à des niveaux de plomb dangereux pendant des périodes prolongées peuvent subir des effets neurologiques profonds et permanents qui rendent plus difficile l'épanouissement scolaire, la poursuite d'une carrière et le passage à l'âge adulte. D'après le rapport, l'exposition au plomb représente environ 10 % des handicaps intellectuels dans le monde. 

La crise liée au plomb est principalement concentrée en Afrique et en Asie, mais elle se produit également en Amérique centrale, en Amérique du Sud et en Europe de l'Est, ainsi que dans les communautés pauvres des pays à revenu élevé comme les États-Unis, constate le rapport. 

Les pays à faibles et moyens revenus représentent d'ailleurs 94 % de la charge de morbidité (qui correspond aux années de bien-être perdues), et les conséquences sanitaires engendrées par l'intoxication au plomb ont augmenté de 40 % entre 2000 et 2017.

Le rapport préconise une « approche en six volets » pour lutter contre cette crise.

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Tout d'abord, les pays doivent surveiller et signaler le problème en généralisant les tests sanguins, en fournissant un traitement aux communautés touchées, en déterminant les sources de pollution au plomb et en nettoyant les sites contaminés. 

Ensuite, les pays doivent prévenir les intoxications au plomb en interdisant son utilisation dans tous les produits commerciaux susceptibles d'entrer en contact avec des enfants, en veillant à ce que les aliments soient protégés de la contamination par le plomb et en investissant dans des infrastructures de recyclage pour prévenir la pollution de l'environnement. Le rapport souligne que les investissements massifs nécessaires pour moderniser la gestion des déchets exigeront une coordination et une assistance mondiales. 

Les établissements de soins de santé doivent être mieux équipés pour faire face à l'empoisonnement au plomb, tant en ce qui concerne l'identification que le traitement du problème. Les campagnes de santé publique et la législation relative au saturnisme peuvent contribuer à protéger davantage les communautés.

Enfin, les pays doivent travailler ensemble pour cerner le problème, trouver des alternatives au plomb et mutualiser leurs ressources. Si la lutte contre le plomb reçoit l'attention qu'elle mérite, alors tous les pays en bénéficieront, estime le rapport. 

« Le retour sur investissement est considérable : une meilleure santé, une productivité accrue, un QI plus élevé, moins de violence et un avenir meilleur pour des millions d'enfants à travers la planète », a déclaré Richard Fuller, qui était alors président de Pure Earth, dans un communiqué de presse.