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Santé

VIH : les jeunes sont encore peu ou mal informés


Pourquoi les Global Citizens doivent s’en préoccuper
La lutte contre le VIH contribue à proposer un avenir aux populations les plus touchées par le virus. En accord avec l’Objectif de développement durable 3 sur la santé et le bien-être de tous, menons des actions pour réduire le nombre de personnes qui vivent avec le VIH.

Le monde a fait d’immenses progrès dans la lutte contre la propagation du VIH depuis son apparition dans les années 80, mais près d’un quart des jeunes Français âgés de 15 à 24 ans s’estiment encore mal informés sur la maladie, selon un sondage réalisé en 2019 par l’Institut français d’opinion publique (IFOP) pour Sidaction.

Selon les données de l’Institut national de veille sanitaire, avant 2009, le nombre de décès lié au sida en France s’élevait à 1025 — par 2017, le nombre est tombé à 49.

Malgré les progrès et les moyens mis en place, l’épidémie continue à faire des ravages dans les pays en développement auprès des populations les plus démunies. Dans ces derniers, certains pans de la population sont dits à risque. Il s’agit notamment des populations les plus précaires qui sont les plus touchées, avec une part importante d’adolescents, de femmes et d’enfants.

Agissez dès maintenant : Demandez aux chefs d’État de lutter contre le sida, la tuberculose et le paludisme !

En 2017, 36,9 millions de personnes vivaient avec le VIH dans le monde, selon l’ONUSIDA, le programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida. La situation est certes moins grave qu’il y a une dizaine d’années, avec une réduction du nombre de décès de 51 % par rapport à 2004 ; mais la bataille contre le virus n’est pas encore terminée. Il y a encore près de 3 millions d’enfants et d’adolescents qui vivent avec le VIH, dont 9 sur 10 habitent en Afrique subsaharienne.

Dans les pays à faible revenu et en proie aux conflits, deux nouveaux cas sur trois concernent les adolescentes âgées de 15 à 19 ans et 7 000 jeunes femmes de 15 à 24 ans sont contaminées par le VIH chaque semaine, selon l’UNICEF. Si les femmes sont touchées de manière disproportionnée, c’est en partie à cause de facteurs biologiques, mais aussi à cause des violences sexuelles dont plusieurs font l’objet et dues à un manque d’accès aux informations et aux traitements antiviraux, notamment dans les zones reculées.

En France aussi, des obstacles existent.

Selon le bulletin sur la veille sanitaire du VIH de Santé publique France, le nombre de découvertes de séropositivité au VIH a été stable en France entre 2010 et 2017. Le virus frappe surtout les personnes HSH (hommes ayant eu des relations sexuelles avec des hommes) et les personnes hétérosexuelles nées à l’étranger, qui représentent respectivement 33 % et 68 % des nouvelles découvertes selon Santé publique France.

La France compte environ 153 000 de personnes vivant avec le VIH et l’enjeu est de limiter le nombre de dépistages tardifs dont le taux est estimé à environ 30 % selon la Haute Autorité de la Santé. Malheureusement, un tiers des jeunes ne fait pas usage de préservatifs, selon une étude de la Smerep. Un autre axe concerne la méconnaissance de la maladie et les idées reçues à ce sujet, surtout auprès des jeunes.

Les jeunes de moins de 25 ans représentaient 12 % des nouvelles découvertes de séropositivité en 2017, selon Santé publique France.

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L’enjeu des années à venir est de limiter le nombre de nouvelles contaminations, de démocratiser l’accès aux traitements antirétroviraux, ainsi que promouvoir la prévention. C’est la priorité de Sidaction, en particulier auprès de la jeunesse française.

Côté prévention, 13 % des jeunes interrogés pour le sondage Sidaction pensent encore que le sida se transmet par la salive ou la transpiration.

Florence Thune, directrice générale du Sidaction a déclaré à Franceinfo : « Nous voulons rappeler que le virus du sida est toujours là et qu’il concerne les jeunes et les moins jeunes. »

Une manière dont Sidaction souhaite montrer que l’on peut vivre avec le virus est en donnant la parole aux personnes vivant avec le virus au quotidien avec la plateforme « La vie avec ».

Awa, par exemple, est une jeune femme de la Côte d’Ivoire qui a découvert sa séropositivité en 2005 et qui est venue se soigner en France. Elle confie que le chemin a été difficile, mais qu’aujourd’hui elle est « heureuse de vivre ». Toutefois, son histoire met en lumière les préjugés qui persistent dans la société.

« J’avais même retrouvé un amoureux. On est resté cinq ans ensemble, mais lorsque je lui ai annoncé l’année dernière que j’étais séropositive, il a fui aussitôt », a-t-elle dit.

L’histoire d’Awa, c’est la réalité de plusieurs personnes vivant avec le virus au quotidien. C’est aussi un témoignage de l’avancée des traitements et de l’action des professionnels de la santé, d’associations et des services publics à ce sujet. Selon une étude dans le The Lancet HIV, analysée par le magazine Sciences avenir, lorsque le virus est détecté tôt et la personne est placée sous trithérapie, l’espérance de vie est proche de celle de la population générale. En Europe notamment, l’espérance de vie des personnes soignées par trithérapie a augmenté de 10 ans chez les hommes et 9 ans chez les femmes.

Les progrès réalisés dans la lutte contre l’épidémie sont encourageants : les décès liés au sida ont diminué de 43 % depuis 2003 dans le monde. L’accès aux traitements antirétroviraux dont bénéficient actuellement 19,5 millions de personnes a permis d’allonger l’espérance de vie de ces personnes.

Pour les générations futures, l’engagement des gouvernements, des entreprises et des Global Citizens est crucial pour lutter contre l’épidémie. En effet, selon un rapport de l’UNICEF, d’ici 2030, 2 millions d’infections pourraient être évitées, dont plus de la moitié seront des adolescents si nous réussissons à atteindre les Objectifs de développement durable.