Pourquoi les Global Citizens doivent-ils s’en préoccuper ?
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C’est un engagement tant attendu. 

L’Assemblée nationale a voté, à l'unanimité, une loi prévoyant une augmentation considérable de l’aide publique au développement (APD) de la France, pour atteindre 0,55% de sa richesse nationale l'année prochaine, le 2 mars 2021. 

Elle s'engagera aussi à consacrer 0,7% de son revenu national brut (RNB) à l'aide aux pays les plus pauvres en 2025, dans le cadre du projet de loi de programmation relatif au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales.

L’Hexagone devient ainsi le deuxième pays au monde à inscrire cet engagement dans la loi, après le Royaume-Uni.

La France avait, pourtant, donné sa parole il y a près d’un demi-siècle déjà.

En 1970, l'Assemblée générale des Nations unies adoptait une résolution invitant les pays développés à augmenter progressivement leur APD jusqu'à atteindre, au moins, 0,7% de leur richesse au cours de la décennie suivante.  

Malgré l'impact financier de la crise sanitaire de la COVID-19, cette nouvelle orientation de la politique étrangère de la France représente une augmentation de 6 milliards d’euros – par rapport au 0,38% du RNB consacré à l’APD avant le début du quinquennat du Président Macron.

“La leçon de ces mois d’adversité est claire : ce qui protège les Français, c’est la solidarité,” souligne Jean-Yves Le Drian, Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. 

La pandémie de COVID-19 risque, en effet, d’entraîner jusqu’à 150 millions de personnes supplémentaires dans l'extrême pauvreté d’ici à 2021, selon un rapport de la Banque mondiale.

La France choisit de concentrer son APD sur 19 pays prioritaires – 18 pays africains, au Sahel notamment, et Haïti – et sur des secteurs prioritaires tels que l’environnement, l’égalité des sexes, la santé et l’éducation, en accord avec l’Agenda 2030 pour le développement durable des Nations unies, l’Accord de Paris sur le climat ainsi que le programme d’action d’Addis-Abeba.

“Le texte contraint aussi la France à augmenter considérablement son aide féministe, pour atteindre 75% d’ici 2025,” explique Mae Kurkjian, Chargée de plaidoyer au sein de l’organisation ONE. “La France alloue actuellement seulement 26% de son aide à des projets qui luttent contre les inégalités entre les femmes et les hommes, c’est donc une réelle avancée,” ajoute t-elle. 

En outre, la France va privilégier davantage les dons plutôt que les prêts afin d'éviter que les pays pauvres ne s’endettent davantage et pour mieux les aider. 

En effet, la part de l’aide transitant par les organisations non gouvernementales est plus faible en France qu’en Allemagne ou au Royaume-Uni, déplore Kevin Goldberg, Directeur général de l’ONG Solidarités International. “Ce retard est en train d’être peu à peu comblé, et la loi y contribue,” explique t-il à Global Citizen.

“C'est une vision très différente : d'ailleurs, le Président ne parle plus d'aide au développement mais d'investissement solidaire," explique Rémy Rioux, Directeur général de l’Agence Française de Développement – l’institution publique qui met en œuvre la politique de la France en matière de développement et de solidarité internationale.

Toutefois, la politique d’aide au développement de la France “souffre d’une trop grande dissonance entre les priorités affichées et ce qui est in fine mis en œuvre,” nuance Mae Kurkjian. “Nous avons fait le choix de prioriser au sein de cette politique une liste de 19 pays prioritaires [...]. Pourtant, nous ne leur allouons aujourd’hui que 15% de nos financements totaux…” explique t-elle.

Et d’ajouter: “Dans la même lignée, nous avons mis les secteurs sociaux comme la santé et l’éducation sur le devant de la scène, et pourtant aujourd’hui 6% de l’aide financent la santé, et seulement 3% l’éducation ! Ça n'est pas du tout cohérent !”

Le projet de loi sera ensuite présenté au Sénat et devrait être adopté cet été.

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Par Kamilia Lahrichi