Pourquoi les Global Citizens doivent s'en préoccuper
La violence fondĂ©e sur le genre touche les populations du monde entier et trouve son origine dans l'inĂ©galitĂ© de genre. La campagne internationale annuelle 16 jours d'activisme, lancĂ©e par le Women's Global Leadership Institute en 1991, sensibilise Ă  la situation et appelle Ă  mettre fin Ă  la violence fondĂ©e sur le genre. L'objectif mondial n°5 des Nations Unies prĂŽne l'Ă©galitĂ© de genre et l'autonomisation des femmes et des filles. Cet objectif ne peut ĂȘtre atteint tant que la violence fondĂ©e sur le genre continue d'exister. Rejoignez-nous et passez Ă  l'action ici pour soutenir l'Ă©galitĂ© de genre.

Cette semaine marque le début de la campagne mondiale de 16 jours d'activisme contre la violence sexiste, une initiative mondialement reconnue qui appelle à l'éradication de la violence fondée sur le genre. 

La campagne dĂ©bute le 25 novembre, JournĂ©e internationale pour l'Ă©limination de la violence Ă  l'Ă©gard des femmes, et se termine le 10 dĂ©cembre, date de la JournĂ©e des droits de l’homme.

La violence à l'égard des femmes et des filles est une crise mondiale qui doit prendre fin.

Selon ONU Femmes et le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), on estime qu'une femme sur trois sera victime de violence physique et/ou sexuelle de la part de son partenaire intime ou d'une autre personne au cours de sa vie. Ces chiffres n'incluent pas le harcÚlement sexuel. 

Alors que la lutte contre la violence liée au genre se poursuit et que la violence à l'égard des femmes et des filles n'a pas encore été éradiquée, il est important que chacun sache comment soutenir une personne qui choisit de se confier à vous à propos d'une expérience de violence sexuelle ou liée au genre.

1. Commencez par y croire

Il est important de souligner que vous croyez l'individu afin de créer un climat de confiance. 

Dans le monde entier, il existe une culture sociĂ©tale d'incrĂ©dulitĂ© et de culpabilisation des victimes d'agressions sexuelles, ce qui empĂȘche de s'attaquer correctement Ă  cette crise internationale.

Selon un rapport de Vox, une partie de cette culture vient de la reconnaissance historique du viol non pas comme un crime commis contre une femme, mais comme un crime contre la propriété du mari ou du pÚre d'une femme. Aujourd'hui, cela se manifeste par des questions posées aux survivantes sur ce qu'elles portaient ou faisaient lorsqu'elles ont été attaquées, tandis que les campagnes de sensibilisation ciblent plus souvent les victimes potentielles que les agresseurs potentiels.

La sociĂ©tĂ© nous amĂšne aussi Ă  croire que les femmes sont rĂ©putĂ©es pour leur capacitĂ© Ă  mentir. Dans ses recherches approfondies sur le sujet, l'Ă©crivaine Soraya Chomaly a fait Ă©tat des nombreuses façons dont les femmes sont dĂ©peintes comme indignes de confiance Ă  la tĂ©lĂ©vision, dans la musique, en politique et mĂȘme au sein de la religion. 

La société doit passer d'une culture du blùme à une culture de la croyance. Le fait d'affirmer que vous croyez une personne survivante valide son expérience et lui rappelle que les sentiments qu'elle peut éprouver sont justifiés compte tenu des circonstances. 

2. Écouter sans juger

La plupart d'entre nous ne sommes pas formĂ©s pour conseiller une personne survivante sur ce qu'elle doit faire, et nous n'avons peut-ĂȘtre pas les outils essentiels pour l'aider. Nous avons cependant une oreille attentive pour Ă©couter ses propos. 

L'action peut sembler modeste, mais écouter sans juger ni remettre en question est trÚs utile. Il faut beaucoup de courage à une personne pour s'ouvrir au sujet d'une agression, et écouter ce qu'elle a à dire sans l'interrompre aide à valider son expérience. 

Erinn Robinson, attachée de presse chez RAINN, une organisation américaine de lutte contre les agressions sexuelles, a déclaré à INSIDER que l'écoute était souvent la meilleure façon de soutenir une personne ayant survécu à une agression. 

Elle a prĂ©cisĂ© que le fait de poser des questions pouvait ĂȘtre interprĂ©tĂ© comme une mise en doute du rĂ©cit de la personne survivante, et a soulignĂ© qu'il Ă©tait important de donner Ă  la personne le contrĂŽle de la conversation. C'est Ă  elle de dĂ©cider de la quantitĂ© de renseignements qu'elle partage avec vous, votre rĂŽle est d'Ă©couter avec intention. 

« Informer ne signifie pas forcément partager tous les détails ; c'est la décision de la personne survivante d'en dire autant ou aussi peu qu'elle le souhaite », a-t-elle déclaré.

3. Comment réagir

Si vous ressentez le besoin de dire quelque chose, mais que vous n'avez pas les mots, rappelez à la personne survivante que vous la croyez, comme le suggÚre le collectif Women Inspired Solutions for Empowerment (WISE), basé en Afrique du Sud. Voici quelques phrases que le Collectif WISE suggÚre pour répondre : 

 « Je te crois. »

« Je suis là pour toi. »

« Tu peux en dire autant ou aussi peu que tu le souhaites. »

« Ce n'est pas de ta faute. »

« Tu as bien fait de me le dire. »

4. Demandez quel soutien pratique vous pourriez apporter

Il peut s'agir de fournir de la compagnie pour signaler le crime dans un poste de police, de trouver un professionnel Ă  qui parler ou d'ĂȘtre prĂ©sent aux rendez-vous mĂ©dicaux. Offrez une aide pratique sans ajouter de pression susceptible de les pousser Ă  agir.

Il est important de noter que les personnes survivantes peuvent ne pas ĂȘtre prĂȘtes Ă  entamer une quelconque action aprĂšs une agression. Toutefois, le fait de leur faire savoir que vous ĂȘtes prĂȘt Ă  rester Ă  leurs cĂŽtĂ©s et Ă  les aider en cas de besoin est une marque de soutien. 

5. Tenez-vous au courant des lois et des procédures de signalement dans votre pays

Chaque pays a des procédures différentes en matiÚre de signalement et de dépÎt de plaintes pour agression et violence sexuelles. Renseignez-vous sur les lois et les procédures de votre pays ou de votre région afin de savoir comment réagir si quelque chose vous arrive à vous ou à l'une de vos connaissances. 

6. Prenez des nouvelles de la personne survivante aprÚs qu'elle vous ait fait part de son expérience

Mme Robinson souligne en outre qu'il est judicieux de « prendre des nouvelles de la personne survivante pour lui rappeler que vous vous prĂ©occupez toujours de son bien-ĂȘtre et que vous croyez Ă  son rĂ©cit ».

Vous ne savez peut-ĂȘtre pas de quel type de soutien physique et Ă©motionnel elles peuvent avoir besoin aprĂšs l'expĂ©rience. Bien que le cas de chaque personne survivante soit diffĂ©rent, le fait de lui faire savoir que vous ĂȘtes toujours lĂ  et que vous ĂȘtes prĂȘt Ă  la soutenir lui rappelle qu'elle a quelqu'un vers qui se tourner. 

Mme Robinson a ajouté que le simple fait de se manifester suffit parfois à montrer sa solidarité avec une personne survivante.


Les droits des femmes sont des droits de l'Homme - et ils doivent ĂȘtre soutenus et protĂ©gĂ©s. À l'occasion des 16 jours d'activisme contre la violence basĂ©e sur le genre, du 25 novembre au 10 dĂ©cembre, nous demandons aux Global Citizens de se joindre Ă  nous pour relever le dĂ©fi des #16jours, en accomplissant chaque jour une action simple qui vous permettra d'en savoir plus sur les droits des femmes, l'autonomie corporelle et la violence basĂ©e sur le genre en ligne.

Vous pourrez engager des conversations essentielles avec vos proches, promouvoir sur les réseaux sociaux le droit des femmes et des filles à disposer de leur propre corps, soutenir les entreprises dirigées par des femmes dans votre communauté, signer des pétitions en faveur de l'autonomie corporelle, etc. Pour en savoir plus sur le défi #16Jours et commencer à passer à l'action, cliquez ici.

Editorial

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Par Khanyi Mlaba