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An activist holds up a rainbow flag to celebrate inside Botswana High Court in Gaborone on June 11, 2019.
Tshekiso Tebalo/AFP/Getty Images
Santé

Il existe un lien entre les taux de dépistage du VIH faibles et les lois homophobes en Afrique


Pourquoi les Global Citizens doivent s’en préoccuper 
Dans le monde, 1 million de personnes vivant avec le VIH meurent chaque année à cause du virus. L’objectif de développement durable n° 3 de l’ONU fixe une cible pour mettre fin à l’épidémie de sida d’ici 2030. Pour y parvenir, les groupes les plus à risque, comme les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, doivent se faire dépister et avoir accès à un traitement. Vous pouvez vous joindre à nous pour passer à l’action sur cette question ici.

Selon une étude récente, les hommes qui ont des relations avec d’autres hommes (HSH) sont moins susceptibles de se faire dépister ou de connaître leur statut VIH s’ils vivent dans un pays africain qui criminalise les relations homosexuelles. 

Cette étude, publiée dans le journal Lancet HIV, a montré que les niveaux de dépistage et de connaissance de statut VIH sont très bas dans les pays qui ont des lois les plus sévères à l’encontre de la communauté LGBTQ+.

Les relations homosexuelles sont criminalisées dans près de deux tiers de pays africains et sont punies par des peines de prison ou la peine de mort.

De plus, la stigmatisation et la discrimination envers les personnes LGBTQ+ persistent.

« Les exactions commises sont notamment le chantage, la violence, les représailles de la famille et de la communauté, le refus de logement, de soins de santé et l’accès à la justice », conclut l’étude. 

Alors que certains pays comme les Seychelles, le Mozambique et le Lesotho ont dépénalisé les relations homosexuelles ces dernières années, d’autres comme l’Ouganda et le Nigéria ont renforcé leur législation anti-LGBTQ+.

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Selon l’organisation Human Rights Watch, dans le nord du Nigéria, les codes pénaux appliquent la charia et punissent la « sodomie » avec la bastonnade, l’emprisonnement ou par lapidation. 

Au Malawi, où les relations homosexuelles sont criminalisées et punissables d’une peine allant jusqu’à 14 ans de prison, moins de 1 % des hommes gais et bisexuels séropositifs connaissent leur séropositivité. Human Rights Watch a rapporté que « certains professionnels de la santé ont refusé des services à des personnes en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre ».

Comparativement, en Namibie, où la sodomie est criminalisée, mais où la loi n’est pas appliquée, 60 % des HSH séropositifs sont conscients de leur statut.

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Selon l’étude, qui a examiné les données de 28 pays africains, le dépistage du VIH est en hausse parmi les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, le pourcentage moyen de HSH ayant déjà subi un test de dépistage du VIH étant de 67 % — une amélioration de près de 15 % par rapport à avant 2011. Les taux de dépistage variaient considérablement selon les régions, les taux les plus élevés étant en Afrique australe (80 %) et les plus faibles en Afrique du Nord (34 %). 

Malgré des améliorations significatives liées à l’augmentation du dépistage du VIH chez les HSH en Afrique, les chercheurs affirment que le manque de sensibilisation au statut VIH et d’accès aux médicaments antirétroviraux signifie que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour atteindre l’objectif 90-90-90 de l’ONUSIDA chez les HSH d’ici 2020.

Cet objectif ambitieux vise à ce que 90 % de toutes les personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, 90 % de celles qui le connaissent peuvent recevoir une thérapie antirétrovirale (TARV) et 90 % de celles qui prennent des TARV ont accès à la suppression virale, ce qui signifie que même si le VIH demeure dans le corps, il a été supprimé ou réduit à un niveau indétectable.

« Cependant, comme les niveaux de diagnostic et d’accès à la thérapie antirétrovirale restent faibles, l’utilisation des TARV (24 %) et de la suppression virale (25 %) parmi tous les HSH vivant avec le VIH sont extrêmement faibles, ce qui signifie que la propagation du VIH dans ces populations va continuer », conclut l’étude.

Dre Kate Mitchell, chercheuse à l’Imperial College de Londres qui a codirigé l’étude, a déclaré au journal du Telegraph que des recherches supplémentaires sont nécessaires, en particulier sur les HSH en Afrique.

« Il serait bon d’examiner les pays qui ont abrogé la législation anti-LGBT pour voir en quoi cela a changé les choses », a-t-elle dit.