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Le suicide d’une jeune lycéenne transgenre à Lille déclenche une vague d’émoi

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Plus d’une semaine après le tragique suicide de l’une de leurs camarades de classe, Fouad, les élèves du lycée lillois Fénelon se sont rassemblés pour lui rendre hommage.

Trois semaines auparavant, l’étudiante transgenre, âgée de 17 ans et originaire d’Afrique du Nord, s’était heurtée au refus de la direction de l’établissement de venir en cours vêtue d’une jupe.

« Je comprends ton envie d’être toi-même, avait alors affirmé la conseillère principale d’éducation (CPE) à Fouad lors d’un échange le 2 décembre, relayé sur les réseaux sociaux, dans lequel elle justifiait la décision du lycée. Et tout ça, justement, c’est fait pour t’accompagner au mieux. C’est ça que tu ne comprends pas ! Parce qu’encore une fois, il y a des sensibilités qui ne sont pas les mêmes. »

« Mais c’est eux qu’il faut éduquer », avait alors répondu l’adolescente en larmes, selon le Monde.

D’après une proche de Fouad, l’incident est survenu alors que cette dernière était en détresse depuis des semaines, notamment en raison d’actes racistes et transphobes récurrents à son encontre.

La vague d’émoi était immense au lycée le 18 décembre, lorsque les étudiants ont rendu hommage à leur camarade au cours d’un sit-in organisé devant l’établissement.

Si certains d’élèves ont affirmé ne pas vouloir chercher de « bouc émissaire » ou blâmer le lycée, il n’en demeure pas moins qu'ils réclament de meilleurs moyens de prévention et de lutte contre la transphobie au sein des établissements scolaires.

Des parlementaires et membres de la communauté éducative ont fait écho à ces inquiétudes en soulignant la nécessité de mieux former le personnel aux questions trans à l’avenir.

« La lutte contre l’homophobie et la transphobie [est] un combat général basé sur la tolérance (…) qui est développé dans l’enseignement vis-à-vis de nos élèves, a notamment déclaré Valérie Cabuil, la rectrice de l’Académie de Lille, selon France TV Info. Mais il y a aussi le fait de former nos communautés éducatives, peut être mieux, à cette évolution de la société qui est là et à laquelle on doit être préparé. »

Pour sa part, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, n’a pas immédiatement donné suite à ces réclamations, bien qu’il ait qualifié la lutte contre l’homophobie et la transphobie de « devoir collectif ».

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En France, la jeunesse LGBTQ+ est particulièrement vulnérable. 

Une étude comparant le Québec à la France en matière de politiques éducatives témoigne d’une quasi-absence de dispositifs dédiés aux personnes trans dans le système pédagogique français.

Et bien que le récent rapport publié par le ministère français de la Santé sur la question du suicide ne se focalise pas sur les jeunes trans à proprement parler, des organisations de plaidoyer estimaient en 2014 que près de 20 % d’entre elles avaient déjà envisagé de mettre fin à leurs jours.

Dans un tweet, la ministre chargée d’égalité, Elisabeth Moreno, a quant à elle affirmé que le taux de suicide des personnes trans en France était sept fois plus important que la moyenne.

« Nous devons absolument lutter contre la transphobie, partout », a-t-elle réitéré.