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Plusieurs centaines de personnes manifestent lors de la Journée internationale des droits des femmes le 8 mars 2018 à Toulouse, France.
Patrick Batard/ABACAPRESS.com
ActuExiger l’équité

Les femmes, premières victimes des conséquences de la COVID-19 en France

Pourquoi les Global Citizens doivent-ils s’en préoccuper ?
Pour mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici 2030, il est essentiel de lutter pour un monde dans lequel femmes et filles sont les égales des hommes, en accord avec le cinquième Objectif mondial. Passez à l’action afin de promouvoir l'égalité des sexes ici.

"En tant que mère célibataire, avec un enfant en bas-âge, comment jongler entre ses responsabilités professionnelles et gérer le quotidien de mon fils sans la crèche, dans une situation aussi stressante, où l’on est complètement isolés et loin de notre famille ?" interroge Evelyne, 37 ans.

Comme nombre de Françaises, Evelyne a vu sa situation professionnelle se dégrader dramatiquement avec l'inédite crise sanitaire de la COVID-19, qui a exacerbé les inégalités entre les sexes.

Près d’un an après la première mesure de confinement adoptée en France, le bilan est catastrophique pour l’autre moitié de l'humanité. Entre confinements, quarantaines, fermeture des établissements scolaires et autres mesures restrictives visant à freiner la propagation du virus, les femmes, en particulier, sont touchées de plein fouet.

Selon une étude réalisée par le syndicat français Confédération générale du travail en 2020, la fermeture des écoles s’est traduite, pour 43% des femmes sondées, par plus de 4h de tâches domestiques supplémentaires et par une hausse de la charge de travail – contre 29% des hommes interrogés.

Les femmes assurent, en effet, la plus grande partie des tâches ménagères et familiales, même lorsque leur conjoint télétravaillent, selon une enquête que l’institut de sondage Ipsos a menée en février 2021.

Les “premières de corvées” en marche

C’est donc, avec conviction, qu’Evelyne a répondu à l’appel d’une trentaine d’associations féministes, d’organisations non-gouvernementales et de syndicats, invitant les “premières de corvées” à manifester à travers la France lors de la Journée internationale des droits des femmes.

“Le 8 mars, nous serons en grève avec les femmes du monde entier pour refuser toutes et tous ensemble de payer le prix de la crise avec notre travail, notre salaire, notre corps,” souligne le mouvement Grève féministe – qui réunit les organisations et syndicats appelant à la grève –  au cours d’une conférence de presse lundi.

“Le confinement a pesé très lourd sur les femmes depuis maintenant un an que dure cette crise sanitaire, que ce soit en matière de santé, d'emploi, de risques de violences intrafamiliales accrues, sans compter que ce sont pour beaucoup des métiers à prédominance féminine qui ont assuré la continuité pendant le confinement,” indique Murielle Guilbert, co-Secrétaire générale de la Fédération syndicale unitaire en France.

Une “pandémie au sein la pandémie”

Bien que l’impact de la propagation du virus semble épargner les cadres, comme Evelyne – car ils ont la possibilité de télétravailler – les mères isolées souffrent, elles, d’inégalités criantes qui se creusent davantage.

Evelyne a bénéficié de l'arrêt de travail pour garde d'enfants – un dispositif que le gouvernement français a mis en place afin de permettre aux salariés de continuer de gagner jusqu'à 90% de leur salaire, lorsqu’ils sont contraints de garder leur enfant, en raison de la fermeture des établissements scolaires ou parce que leur enfant est un “cas-contact” de personnes infectées.

Pourtant, “c’est un grand bond en arrière dans ma carrière professionnelle qui va avoir, sans aucun doute, un impact négatif,” affirme t-elle.

A ce titre, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) affirme, dans un communiqué que : “l'inégalité préexistante entre les sexes, tels que l'écart de rémunération entre les hommes et les femmes et les déséquilibres flagrants dans la répartition par sexe des soins non rémunérés et du travail domestique, est susceptible d'amener les femmes à renoncer à participer au marché du travail pendant la pandémie et au-delà.”




Une femme sur cinq est victime de violence

En outre, les mesures de confinement et de quarantaine ont mené à une recrudescence de la violence domestique contre les femmes.

Les services de police et de gendarmerie français ont enregistré une hausse des signalements pour violences conjugales, partout dans l’Hexagone, dès l’annonce des premières mesures de confinement.

“Près d'une femme sur cinq dans le monde a subi des violences au cours de l'année écoulée,” annonce António Guterres, Secrétaire général des Nations unies. “Beaucoup de ces femmes sont maintenant prises au piège à la maison avec leurs agresseurs.”

Si la France se situe à la 15e place de l’Indice mondial de l'écart entre les genres 2020, publié par le Forum économique mondial, elle n’en demeure pas moins représentative de la situation des femmes sur la planète.