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Cuban police detain a gay rights activist taking part in an unauthorized march in Havana, Cuba, May 11, 2019. The march was organized largely using Cuba's new mobile internet, with gay-rights activists and groups of friends calling for a march over Facebook and WhatsApp after the government-run gay rights organization cancelled a Saturday march.
Ramon Espinosa/AP
Citoyenneté

Répression de la Gay Pride à Cuba : 4 choses à savoir sur les droits des personnes LGBTQ dans le pays

Pourquoi les Global Citizens devraient s’en préoccuper
La violence contre les personnes LGBTQ à travers le monde est extrêmement courante et reçoit souvent l’approbation des gouvernements des États. Les objectifs mondiaux des Nations unies appellent pour la fin de toute xénophobie et une protection forte des personnes LGBTQ. Vous pouvez vous joindre à nous pour lutter en faveur de l’égalité et plus ici.

Au cours des 11 dernières années, le gouvernement cubain a organisé une marche annuelle contre l’homophobie à La Havane, mais cette année, le Center for Sex Education (CENESEX) a subitement annulé l’événement une semaine avant la date prévue. 

La décision semblait s’inscrire dans le cadre d’un recul plus large des droits des personnes LGBTQ dans tout le pays, de sorte que les militants locaux ont décidé de prendre les choses en main en organisant leur propre défilé de la Fierté le 12 mai. 

Des dizaines de personnes sont venues à la marche, brandissant des drapeaux arc-en-ciel, convergeant en solidarité dans les rues de la capitale. Cependant, des policiers en civil sont rapidement arrivés et ont commencé à disperser les gens et ont fini par arrêter trois participants, selon le New York Times.

Agissez dès maintenant : Que savez-vous des inégalités auxquelles est confrontée la communauté LGBTI ?

Il est de notoriété publique que le gouvernement cubain est opposé à des manifestations spontanées dans les rues et qu’il n’aime pas délivrer des permis qui permettent des événements publics. Il est possible alors que la répression peut refléter une opposition générale aux événements publics non autorisés, plutôt qu’une discrimination spécifique à la communauté LGBTQ.

« C’était un acte de désobéissance — rarement vu dans cet état répressif — qui rend la marche de samedi historique et digne d’un cri de joie », a écrit Fabiola Santiago dans une tribune libre du journal Miami Herald.

Cuba-LGBT-Parade-001.jpgCuban police detain gay rights activists taking part in an unauthorized march in Havana, Cuba, Saturday, May 11, 2019.
Image: Ramon Espinosa/AP

Mais comme l’affirme Mme Santiago, la répression a une résonance plus large. Ces dernières années, les militants LGBTQ ont constaté une résistance croissante contre leur lutte pour l’égalité.

Voici quatre choses à savoir sur les droits des personnes LGBTQ à Cuba.


1. Cuba a une histoire sombre avec les droits des personnes LGBTQ

Après la révolution cubaine des années 1960, les personnes LGBTQ étaient arrêtées et emprisonnées par le gouvernement de Fidel Castro. Cette pratique a continué jusqu’en 1979, quand l’homosexualité a été dépénalisée, mais les personnes LGBTQ continuent de faire face à une discrimination massive.

Au cours des années 1980, les personnes vivantes avec le VIH étaient mises en quarantaine dans des sanatoriums que certains décrivent comme des prisons, selon le journal Independent. Dans les années récentes, la violence et la discrimination à l’égard des personnes LGBTQ se sont atténuées, mais elles se poursuivent.

L’intolérance envers la communauté LGBTQ est répandue dans le monde entier, ce qui veut dire que le bilan de Cuba n’est pas unique. Aujourd’hui, de nombreux pays interdisent encore les relations homosexuelles, et certains gouvernements menacent même les personnes LGBTQ de la peine de mort.

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2. Cuba a fait des progrès au cours des dernières années

Cuba a majoritairement mis fin à l’oppression d’État à l’égard des personnes LGBTQ et a fait de notables progrès pour l’égalité des droits.

Le gouvernement a rendu illégal la discrimination envers les personnes LGBTQ en 2010 et a annoncé la gratuité des chirurgies de confirmation du genre au sein du programme de santé universelle du pays en 2008, selon le journal the Independent.

Ces avancées placent Cuba devant la norme mondiale, où l’égalité des droits des personnes LGBTQ est rarement consacrée par la loi.

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Beaucoup de personnes LGBTQ à La Havane signalent qu’elles se sentent en sécurité en sortant en public et que plusieurs clubs gais ont fait leur apparition au cours des dernières années, mais le harcèlement et la surveillance gouvernementale se poursuivent. Certains défenseurs des droits soutiennent que les efforts du gouvernement en vue d’obtenir de plus grands droits n’ont été qu’une campagne de relations publiques et qu’ils manquent d’intégrité.

Par exemple, le gouvernement ne reconnaît pas la semaine de la Fierté et n’a autorisé qu’un seul défilé contrôlé par l’État chaque année.

3. Un contrecoup se profile à l’horizon

Dans les années récentes, le gouvernement cubain a essayé de légaliser le mariage homosexuel, mais les efforts ont été torpillés par le mouvement évangélique du pays, selon le New York Times

Bien que la violence et la discrimination publique contre les personnes LGBTQ soient moins fréquentes à Cuba que dans d’autres pays, les stigmates sociaux prévalent, surtout en dehors de la capitale.

À l’échelle mondiale, les droits des personnes LGBTQ ont progressé de façon échelonnée, avec des niveaux étonnants d’hostilité dans divers pays du monde, mais la tendance générale est celle d’inclusion.

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4. L’Internet permet de s’organiser plus facilement

Le défilé de la Fierté du 12 mai a été rendu possible grâce à l’Internet, qui a ouvert un espace sans précédent pour organiser la dissidence.

Puisque le gouvernement a assoupli les restrictions sur l’Internet ces dernières années, les militants ont pu utiliser les médias sociaux pour plaider en faveur de changements politiques plus larges.

Suite à l’annulation de la marche par le CENESEX, les militants LGBTQ se sont rapidement rassemblés sur les médias sociaux et les plateformes de messagerie comme WhatsApp pour organiser un contre événement, même s’ils faisaient face à une répression éventuelle.

La couverture médiatique internationale qui s’en est suivie a accordé beaucoup plus d’attention à leur cause qu’elle n’en aurait reçu autrement, et pourrait mener à de plus grandes réformes.