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A Somali refugee stands inside a tent with her baby in Dollo Ado, Ethiopia.
flickr/United Nations Photo
Finance et Innovation

Le gouvernement canadien investit des millions de dollars pour combattre l’extrême pauvreté


Pourquoi les Global Citizens doivent s’en préoccuper
Actuellement, plus d’un milliard de personnes dans le monde vivent dans une pauvreté extrême. L’aide internationale provenant des pays comme le Canada permet à ces gens de sortir de la pauvreté grâce à l’éducation, aux services de santé et autres. Vous pouvez passer à l’action ici.

(Note : les liens du présent article sont en anglais seulement)

Le Canada tente aujourd’hui une nouvelle approche en matière d’aide internationale, en versant l’aide directement aux personnes qui, dans les pays en développement, en ont le plus besoin, selon une information publiée par CBC.

En effet, sous le couvert de l’anonymat, CBC a parlé à deux représentants d’Affaires mondiales Canada qui ont confirmé que le gouvernement a versé l’argent comptant directement à des gens dans plus de 35 pays.

« Depuis deux ou trois ans, le versement d’argent comptant devient un élément important de l’aide humanitaire et du développement, explique à CBC un des hauts fonctionnaires contactés. Cette façon de faire est beaucoup plus efficace pour distribuer l’aide, car il n’y a ainsi aucun intermédiaire. Dans les projets humanitaires, c’est maintenant l’approche généralement utilisée. »

Les dépenses du Canada en matière d’aide internationale — ce qu’on appelle généralement l’aide étrangère — atteignent aujourd’hui 5,6 milliards de dollars.

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Les représentants interviewés n’ont pas indiqué quelle proportion de cette aide étrangère est versée en argent, souvent par l’entremise d’autres programmes d’aide.

Cette année, par exemple, un programme mené par Oxfam et qui reçoit le soutien financier du gouvernement du Canada a versé une aide en argent à un camp de réfugiés en Éthiopie, selon CBC.

Une des bénéficiaires de cette aide est Nyatlak Nyiet, une réfugiée du Soudan du Sud qui a donné naissance au camp de réfugiés. Avant de recevoir l’aide financière, elle ne tirait qu’un faible revenu de la vente de bois dans un marché.

« Il ne m’était pas possible d’allaiter mon enfant, car je n’avais pas suffisamment de lait et le bébé ne cessait de pleurer » a indiqué en juin dernier la jeune femme aux représentants d’Oxfam (l’entrevue fut par la suite diffusée par CBC).

Selon Oxfam Canada, Mme Nyiet reçoit ainsi 30 $ par mois, somme qui la permet d’acheter de la nourriture, notamment du poulet, et des vêtements. 

Cette approche permet d’éviter le recours à des conseillers en aide étrangère, de payer des frais d’expédition et d’éviter les procédures bureaucratiques.

On peut également ajouter que c’est le bénéficiaire qui est le mieux en mesure de déterminer quels sont ses besoins, et cela est particulièrement vrai dans le cas des femmes, toujours selon CBC.

Mais certains critiques estiment que cette approche n’est pas viable à long terme.

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« Cette approche peut être indiquée au début, mais on ne doit pas l’utiliser de façon permanente pour sortir les gens de la pauvreté, a expliqué à CBC Aniket Bhushan, professeure à l’université Carleton qui a dirigé un groupe de recherche sur la politique d’aide internationale. La question fondamentale est la suivante : Qu’arrive-t-il à long terme ? »

De plus, donner de l’argent comptant n’est pas toujours la solution, car dans le cas de catastrophe naturelle, par exemple, ou lors de conflit armé, il n’y a tout simplement plus rien à acheter.

« Donner de l’argent aux gens pour qu’ils s’offrent des soins de santé n’a aucun sens lorsqu’il n’y a aucun service de santé disponible », a expliqué à CBC un des représentants d’Affaires mondiales Canada.

On a mis en place certaines mesures pour éviter le détournement des fonds. Par exemple, le Programme alimentaire mondial de l’ONU utilise la reconnaissance de l’iris et les cartes numériques, toujours selon CBC.

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M. Bhushan indique toutefois qu’il est loin d’être acquis que les résultats d’une telle approche sont positifs.

Ainsi, en Ouganda, on a étudié deux groupes de bénéficiaires d’aide internationale pendant neuf ans. Un groupe a reçu une somme de 400 $ en argent comptant, et un autre groupe n’a rien reçu.

Au terme de la recherche, a indiqué M. Bhushan, les revenus d’emploi et la situation économique des deux groupes étaient identiques.

Cela dit, il faut toutefois reconnaître que l’aide financière versée à des femmes comme Mme Nyet lui a permis de se nourrir et de nourrir ses enfants.