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Environnement

L'océan Atlantique contiendrait 200 millions de tonnes de microplastique, selon une étude

Pourquoi les Global Citizens doivent s'en préoccuper
La pollution plastique est non seulement extrêmement nocive pour les animaux marins, mais elle peut également mettre en danger la santé des humains, en particulier ceux qui vivent dans l'extrême pauvreté. L'objectif mondial n° 14 des Nations Unies appelle les pays à réduire leurs déchets plastiques et à faire en sorte que la pollution ne se déverse pas dans les océans de la planète. Rejoignez Global Citizen et passez à l'action ici.

Des chercheurs viennent de découvrir entre 12 et 21 millions de tonnes de microplastique sur les 200 mètres supérieurs de l'océan Atlantique, selon une nouvelle étude du National Oceanography Centre du Royaume-Uni. Avec près de 200 millions de tonnes détectées, la pollution causée par le plastique dans l'ensemble de l'océan Atlantique pourrait donc être dix fois plus importante que les estimations précédentes.

« Ce constat est déjà très alarmant car il nous indique qu'il y a beaucoup plus de plastique dans l'océan que ce que nous pensions, a déclaré Katsia Pabortsava, co-auteure de l'étude, à Global Citizen. Ceci est d'autant plus inquiétant que cette étude ne porte que sur trois types de polymères de taille très limitée, et dans une zone océanique réduite. »

Les chercheurs ont décidé d'étudier les microplastiques présents dans l'océan Atlantique afin de comprendre l'écart entre la quantité estimée de plastiques rejetés dans l'océan et celle réellement présente dans les eaux.

En 2016, ils ont entamé une expédition du Royaume-Uni vers les îles Malouines avec un tamis géant qui leur a permis de rechercher à la surface de l'océan de minuscules fragments de plastique, dont certains avaient un diamètre aussi petit que la moitié du diamètre d'un cheveu humain.

Après avoir prélevé des échantillons dans une douzaine de points au milieu de l'océan, ils ont extrapolé leurs résultats pour couvrir la zone océanique qu'ils avaient étudiée. Les chercheurs ont alors réalisé que la communauté scientifique avait considérablement sous-estimé la quantité de plastique qui se trouvait déjà dans l'océan.

« Certains disent qu'au cours des 65 dernières années, nous avons déversé environ 17 millions [de tonnes] dans l'Atlantique, a déclaré le co-auteur de l'étude, Richard Lampitt, à Global Citizen. Mais nous avons découvert que rien que dans les 200 premiers mètres, et pour une catégorie de taille très spécifique, il y en avait beaucoup plus que jamais. »

Les chercheurs n'ayant exploré que les 5 % supérieurs de l'océan et n'ayant examiné que trois types de plastique courants, la quantité totale de plastique dans l'océan Atlantique est probablement bien plus importante que les 21 millions de tonnes qui ont été trouvées.

En tenant compte de toutes les limites de l'étude, l'ensemble de l'océan Atlantique pourrait en réalité contenir 200 millions de tonnes de déchets plastiques, selon les chercheurs.

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« Les estimations précédentes étaient erronées, car, d'une part, elles ne portaient que sur la surface en partant de l'hypothèse que les plastiques flottent ; et d'autre part, elles supposaient que la plupart des plastiques [sont présents sous forme] de grosses particules car les plastiques ne se décomposent pas », a déclaré M. Lampitt.

Cette nouvelle étude est la première à mesurer ces particules microplastiques « invisibles » sous la surface de l'océan dans tout l'Atlantique, a affirmé Mme Pabortsava. Les microplastiques se forment lorsque de gros morceaux de plastique se décomposent et s'érodent en minuscules particules, ou lorsque des fibres de plastique, comme celles que l'on trouve dans les vêtements, se désintègrent et se dispersent sous la pression.

Comme l'étude des microplastiques est un domaine relativement nouveau, on ignore encore beaucoup de choses sur leurs effets néfastes potentiels. De récentes études ont cependant révélé les dégâts qu'ils peuvent causer aux organismes aquatiques lorsqu'ils sont ingérés. Aujourd'hui, ces minuscules particules ont également été trouvées dans des organes humains.

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Selon Peter Ross, vice-président chargé de la recherche à Ocean Wise, les microplastiques sont responsables de la contamination de la quasi totalité de la planète. On les trouve dans l'air, dans l'eau, dans le sol, dans les calottes neigeuses, dans les glaciers, dans les zones humides et même dans les tranchées océaniques les plus reculées, a expliqué M. Ross. Compte tenu de la présence généralisée des microplastiques dans notre environnement, ce dernier n'est pas surpris par les résultats de l'étude. 

« La production de plastique a explosé : elle a été multipliée par 20 au cours des 40 dernières années, a-t-il déclaré à Global Citizen. Même si le recyclage s'est développé, il n'a pas pu suivre le rythme de production et de rejet du plastique dans l'environnement. Avec une production croissante de plastique, et malgré le nettoyage des côtes et le recyclage, nous sommes voués à l'échec. »

Si les efforts de nettoyage des océans peuvent contribuer à réduire la quantité de grosses particules de plastique présentes près de la surface de l'eau, ils ne peuvent pas résoudre le problème de la contamination par les microplastiques dans les fonds marins. Cette nouvelle étude révélant déjà la profusion de microplastiques dans l'océan, les chercheurs invitent les pays à être plus intelligents et plus conscients quant à l'utilisation et à l'élimination du plastique.

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Depuis quelques années, l'opinion publique se préoccupe de plus en plus de la pollution causée par le plastique, et de nombreux pays et secteurs industriels se sont engagés à restreindre l'utilisation du plastique à usage unique. L'une des plus grandes chaînes de supermarchés du Royaume-Uni a ainsi entrepris de remplacer les sacs plastiques par des emballages en papier, tandis que Starbucks faisait la une il y a deux ans en annonçant la suppression progressive des pailles en plastique d'ici 2020.

Malgré tous ces progrès, M. Lampitt note qu'il est essentiel de continuer à faire pression sur les secteurs industriels et sur les entreprises, tout en continuant de changer l'attitude du public à l'égard de l'utilisation du plastique.

« Le plastique est un matériau étonnant et merveilleux, a-t-il déclaré. Mais nous devons en utiliser moins, le réutiliser, le recycler et, en dernier recours, l'éliminer de manière sûre. »