Les dirigeants mondiaux sont actuellement réunis à Glasgow pour la Conférence des Nations Unies sur le climat, la COP26, pour trouver des solutions afin de freiner le réchauffement climatique et garantir à tous un futur meilleur. Hélas pour les pays insulaires, le futur, c’est maintenant.

En effet, les populations insulaires subissent déjà les conséquences du réchauffement climatique, qu'il s'agisse de l’élévation du niveau de la mer, qui commence à faire disparaître les plages, ou de tempêtes tropicales de plus en plus dévastatrices.

Les dirigeants à la COP26 doivent rapidement se mettre d’accord pour trouver des mesures afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre et ainsi ralentir le réchauffement climatique. Néanmoins, ralentir ne suffira pas à endiguer le problème : comme l’a affirmé le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dans son rapport publié en août, même si nous stoppions maintenant toutes les émissions de gaz à effet de serre, le réchauffement déjà engagé provoquerait tout de même une montée des eaux moyenne de 1,90 mètre. C’est pourquoi il est important que des mesures et des financements d’adaptation au climat soient aussi accordés aux pays insulaires.

Pour la COP26, les Global Citizens du monde entier se sont unis afin de sensibiliser le public et les dirigeants sur les conséquences du réchauffement climatique et comment ce dernier affecte leur vie, vous pouvez retrouver tous les témoignages en vidéo sur notre carte interactive. 


À cette occasion, Global Citizen, s’est aussi entretenu avec Astrid Young, jeune Mauricienne qui nous explique comment la crise climatique impacte son île et la vie de ses habitants.


IMG_5479.jpgAstrid Young

Vous avez participé à notre initiative invitant les Global Citizens à partager une vidéo sur la façon dont le changement climatique affecte leurs communautés. Qu’est-ce qui vous a motivé à y participer et pourquoi était-ce important pour vous ?

Venant d’une île, nous ressentons énormément les différents changements entraînés par le réchauffement climatique. 
La cause du changement climatique ainsi que toutes les autres causes touchant la nature et la biodiversité me tiennent particulièrement à cœur. Je suis une amoureuse de la nature et des animaux, donc dès que je peux faire en sorte que ma voix soit entendue pour protéger la planète, je le fais avec plaisir. Nous n’aurons pas de deuxième chance ; nous devons au maximum protéger la Terre pour les générations futures. Pour que l'[humain] ne finisse pas dans les espèces disparues.

Quelles conséquences du changement climatique pouvez-vous observer sur votre île ?

Nous avons de moins en moins de plages : le niveau des océans augmente, réduisant ainsi nos plages et créant beaucoup d’érosions sur nos côtes.
 Il y a aussi de moins en moins de poissons et de plus en plus d’espèces destructrices dans nos lagons : l’eau devenant de plus en plus chaude, les poissons partent vers des eaux plus froides et les espèces destructrices aimant la chaleur viennent prendre leur place.  
Nos barrières de corail sont en train de mourir : il y a tellement de CO2 dans l’atmosphère que quand les océans l’aspirent, ils deviennent de plus en plus acides, ce qui est mortel pour les polypes.

Quelles sont les répercussions sur la vie des habitants ?

Les pêcheurs ont de moins en moins de revenus. Beaucoup de familles ont dû déménager à cause de l’érosion puisque l’eau est rentrée chez eux. 
Les enfants ne peuvent plus voir autant d’espèces exotiques dans le lagon.
 À l’école, on leur explique comment protéger nos lagons qui sont un bien précieux pour nous.

Le changement climatique vous a-t-il fait prendre plus conscience de la fragilité de l’écosystème ? Cela a-t-il eu un impact sur votre vie personnelle ? Avez-vous changé ou adopté de nouvelles habitudes ?

Notre planète est déjà fragile et on doit ajouter à cela le changement climatique.

On essaie de produire le moins de CO2 possibles chez moi et on réduit aussi nos quantités de déchets : ce qui peut-être composté l’est, on achète plus de produits locaux et on évite de prendre des boîtes ou des sachets qui finiront dans la mer après.

Quels types de mesures sont prises localement pour lutter contre cela ?

Le gouvernement a interdit tous les sacs plastiques ainsi que les pailles en plastique. On utilise que des sachets en carton maintenant. Ils ont fait planter des mangroves sur le littoral afin d’empêcher l’érosion. Le lagon est protégé du mieux qu’ils peuvent avec des parcs marins où l’on ne peut pas pêcher. Ils ont replanté des arbres et essaient de faire passer le pays sur des énergies renouvelables. 

Comment percevez-vous votre avenir et celui de votre île ?

J’ai peur qu’il soit trop tard pour réduire nos émissions de carbone et qu’ainsi ils ne restent plus assez de temps pour [l'espèce humaine]. J’espère de tout cœur que cela ne se produira pas et que les générations futures puissent vivre en connaissant la nature et la grande biodiversité. J’espère aussi que le niveau des océans cessera d’augmenter pour que mon île ne soit pas submergée par l’eau.

Comment, selon vous, les Global Citizens au jour le jour peuvent-ils lutter contre les conséquences du changement climatique ? Quels conseils leur donneriez-vous ?

Chaque petit geste compte énormément : arrêter d’utiliser des pailles en plastique, acheter plus de produits locaux, utiliser des produits respectueux de l’environnement, éviter au maximum quand vous le pouvez d’acheter des barquettes en plastiques ou autres, ne gaspiller pas l’eau. Même si votre geste est vraiment simple, par exemple en ramassant un déchet par terre et en le jetant, vous contribuez à sauver la planète. Si chacun pouvait faire au moins chaque jour un petit geste, nous réduirions les déchets plus rapidement et baisserons notre consommation de CO2. [Aux] parents qui lisent cet article, éduquez vos enfants sur le fait qu’il est important de protéger notre planète.

La COP26 a débuté. Avez-vous des attentes ? Quelles mesures aimeriez-vous voir prises ?

J’espère que les pays agiront maintenant au lieu d’attendre plusieurs années. J’aimerais que les grands pays réduisent au maximum les effets de serre produits bêtement par des petites choses. Qu’ils éduquent leurs habitants sur l’écologie. Qu’ils financent les petites entreprises qui font de leur mieux pour recycler des matériaux en les transformant en autre chose.

Global Citizen Asks

Défendre la planète

Cette jeune Mauricienne témoigne des conséquences du réchauffement climatique sur son île

Par Antoine Le Seigle