Les femmes noires jouent, partout dans le monde, un rôle crucial dans les mouvements pour les droits humains, mais elles ne reçoivent pas toujours la reconnaissance qu'elles méritent pour leurs actions. Ce déséquilibre se répercute d’ailleurs sur les sites Internet tels que Wikipédia, où seulement 20 % des articles sont consacrés à des femmes. Par ailleurs, comme la plupart des contributeurs de Wikipédia sont blancs, le nombre d’articles sur des femmes de couleur est d’autant plus faible. L’encyclopédie universelle collaborative la plus vaste du monde  est majoritairement mise à jour par des rédacteurs blancs, elle a tendance à laisser de côté les questions et sujets africains, ou à entretenir une image négative de l’Afrique.

L’un des obstacles les plus importants à la présence de plus de femmes noires sur Wikipédia est le critère de « notoriété, » qui a fait l’objet d’une controverse en 2019, après qu’un utilisateur anonyme de Wikipédia ait supprimé la page de la scientifique afro-américaine Clarice Phelp, estimant qu’elle n’y avait pas sa place.

Ces dernières années, il y a eu plusieurs tentatives pour ajouter plus de femmes aux origines variées sur Wikipédia en incitant des bénévoles à créer des pages. Le projet Femmes en Rouge est un groupe qui s'attaque aux préjugés systémiques de la plateforme et Wikimédia Suède, avec l’aide du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), organise le #WikiGap, un éditathon annuel lors de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

Voici une liste de sept militantes africaines se battant sur des questions relatives aux Objectifs mondiaux, qui ont été nommées par des utilisateur.rice.s pour avoir leurs entrées sur Wikipedia, que Global Citizen aimerait voir ajouter dès maintenant.

1. Madame Cissé Hadja Mariama Sow

Sow était l’une des 1 000 femmes nominées pour le Prix Nobel de la Paix en 2005. Née dans la région de Labé en Guinée, elle travaille en tant que défenseure des femmes et des filles en collaborant avec plusieurs ONG dédiées au droit des femmes, des organisations pour la jeunesse ainsi que des organisations interreligieuses. Elle œuvre aussi pour faire progresser la participation des religieux dans les affaires nationales et internationales. Sow a été secrétaire générale de l'Union des femmes révolutionnaires de Guinée et de l'Assemblée nationale pendant 12 ans. Elle a été la première secrétaire générale de l'Union des femmes révolutionnaires de Guinée et de l'Assemblée nationale.

2. Nebila Abdulmelik

Abdulmelik encourage l’utilisation de diverses formes d’art pour sensibiliser les gens sur les questions d’inégalité et d’oppression. Née en Éthiopie, elle a étudié, vécu, travaillé et voyagé dans plus de 30 pays dans le monde. Abdulmelik a collaboré avec les organisations panafricaines pour les droits des femmes FEMNET et l’Union Africaine, avec l’Architecture de Gouvernance africaine (AGA). Elle a mené la campagne #JusticeForLiz (justice pour Liz), signée par presque deux millions de personnes pour condamner trois violeurs qui avaient commis un viol en groupe sur une jeune fille kényane de 16 ans. Cette campagne visait, en outre, à pousser les médias à aborder la violence sexuelle et sexiste. Lors de la mise en place des Objectifs mondiaux en 2015, Abdulmelik avait plaidé en faveur de l’Objectif n°5 axé sur l'égalité de genre, qui vise à autonomiser toutes les femmes et les filles.

3. Jeannine Mukanirwa 

Mukanirwa a œuvré pour les droits des femmes au sein de l’organisation Promotion et Appui aux Initiatives Féminines dans la région du Nord-Kivu de la République démocratique du Congo, offrant aux femmes un soutien à travers les projets de la communauté. Au début des années 2000, elle faisait partie d’un groupe de militantes du Congo de l’Est, prêtes à prendre la parole contre le viol, elle a été menacée et arrêtée à de nombreuses reprises. Mukanirwa a fini par quitter le pays pour le Canada afin d’échapper au harcèlement incessant.

4. Mercy Akuot

Les parents d’Akout l’ont mariée de force à son oncle, à l’âge de 15 ans, alors qu’elle vivait au Soudan du Sud. Elle s’est ensuite enfuie en Ouganda puis dans le camp de réfugiés de Kakuma au Kenya, où elle a participé, en 2018, à un TEDxTalk pour témoigner de son expérience. Akout a également sorti l’album Bado Mapema (Il est encore trop tôt) avec d’autres femmes du camp qui partagent leurs témoignages de mariage forcé. Aujourd’hui, Akout s'efforce de poursuivre son plaidoyer contre le mariage des enfants et en faveur de l'éducation des filles en encadrant et en facilitant les conversations avec les jeunes filles sur les risques du mariage des enfants.

5. Kagendo Murungi

La regrettée Murungi était une artiste et vidéaste féministe, qui avait mis en place des espaces communs de collaboration créative pour promouvoir la paix et la justice sociale. Elle a dédié sa vie à la cause des droits des femmes et des droits LGBTQ+ au Kenya. L'ancienne responsable du programme Afrique de l'organisation OutRight Action International s'est employée à établir le lien entre le colonialisme et l'homophobie sur le continent africain. Murungu était une membre fondatrice du collectif radical et multiculturel Women of Color de l’université de Rutgers.

6. Bibata Ouédraogo

Ouédraogo est engagée dans l'avancement des droits sexuels et reproductifs ainsi que du droit à la santé maternelle au Burkina Faso, où les taux de pratiques néfastes à l’encontre des femmes et filles sont parmi les plus élevés du monde. En tant que présidente de l’AFEDEB, association de femmes pour le développement du Burkina Faso, elle contribue aux campagnes de travail de sensibilisation pour lutter contre le VIH/SIDA, les violences basées sur le genre, la mutilation génitale féminine et les mariages d’enfants.

7. Beatrice Mukansinga

Mukansinga a fondé l’organisation à but non lucratif MBWIRANDUMVA ( « Parle, je t’écoute » ) en 1996 pour répondre aux besoins des femmes déplacées qui ont perdu leurs familles pendant le génocide au Rwanda en 1994. C'est une rencontre avec une jeune mère, survivante du génocide et d’un viol, tentant d'abandonner son enfant, qui a incité Mukansinga à fonder son organisation. MBWIRANDUMVA a aidé des milliers de femmes et de filles qui ont pu bénéficier de thérapie, de soutien financier et de formations qualifiantes.


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Par Leah Rodriguez