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Environment

La France souhaite taxer les billets d’avion en 2020


Pourquoi les Global Citizens doivent s’en préoccuper
La réduction des émissions des gaz à effet de serre a été actée par le protocole de Kyoto. C’est aussi au cœur de l’objectif 13 des Objectifs de développement durable de l’ONU, concernant la mise en place de mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques. Passez à l’action à ce sujet ici.

À l’issue du conseil de défense écologique qui s’est tenu le 9 juillet à l’Élysée, la ministre chargée des Transports de la France Elisabeth Borne a annoncé qu’une écotaxe sur les billets d’avion serait mise en place d’ici 2020.

Cette taxe sera progressive et sera appliquée à toutes les compagnies aériennes au départ de la France, hormis aux vols par correspondances.

Il s’agit d’une « contribution de 1,50 euro par billet sur un vol intérieur ou intra européen en classe économique et pourra aller jusqu’à 18 euros sur un vol hors Union européenne en classe affaire », Mme Borne a déclaré, selon Reuters.

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Concernant l’espace aérien européen, la taxe sera de 3 euros en classe économique pour un vol hors de l’Union européenne et de 9 euros en classe affaires pour un vol interne dans l’espace européen.

L’écotaxe pourrait représenter un gain d’environ 180 millions d’euros, somme qui sera allouée aux efforts d’investissements pour des transports plus écologiques à destination des citoyens français, a souligné la ministre. 

François de Rugy, ex-ministre de la Transition écologique, a également confirmé l’engagement de la France envers la transition écologique et souhaite que « le transport aérien contribue davantage aux efforts de lutte contre l’effet de serre », selon le Figaro.

L’annonce de cette taxe a provoqué un vent de contestation de la part d’un acteur français majeur dans le secteur. 

La compagnie aérienne Air France a notamment réagi dans un communiqué de presse, qualifiant la décision de l’exécutif « d’incompréhensible » et « extrêmement pénalisante » pour sa compétitivité. 

Pour sa part, la compagnie précise que cette taxe « représenterait un surcoût de 60 millions d’euros par an » pour le groupe déjà engagé à réduire de 50 % ses émissions de CO2.

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Le groupe Air France souligne aussi le fait que la France figure parmi les pays qui taxent le plus le transport aérien en Europe, et que l’argent généré sera employé dans des secteurs concurrentiels, et non dans les efforts de réduction de gaz à émissions de serre du secteur.

Certains militants écologistes ont salué l’action du gouvernement, mais ont pointé du doigt la faiblesse des montants. 

La France n’est pas le seul pays à mettre en place une écotaxe, mais elle génère plus de revenus en Allemagne et au Royaume-Uni, selon Andrew Murphy, spécialiste de l’aviation au sein de l’organisation Transport & Environment à Bruxelles. Pour lui, la mesure française est « dérisoire par rapport aux pays voisins, comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni ».

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Selon les propos rapportés par Reuters, M. Murphy a déclaré que « la taxe allemande sur les compagnies aériennes lève 1 milliard d’euros par an et le Royaume-Uni plus de 3 milliards de livres par an. »

La députée d’Europe Écologie les Verts Karima Delli a qualifié la mesure de positive, mais considère qu’il faudrait aller « plus fort ». Greenpeace a réagi en pointant du doigt les avantages fiscaux dont bénéficierait le secteur sur Twitter. 

Le ministère de la Transition écologique et solidaire a publié des données sur la part des émissions de CO2 imputée au transport aérien en France. 

Selon ces chiffres, entre 2000 et 2017, les émissions de CO2 sont restées stables, alors que le trafic aérien a lui augmenté de 54 %. Selon les projections de l’Association du transport aérien international, le nombre de passagers va doubler d’ici 2036, pour atteindre 7,8 milliards de voyageurs.

Si le taux d’émissions de CO2 ont pu rester stables comme le suggèrent les données ci-dessous, le défi est d’autant plus grand dans les années à venir avec l’explosion du trafic aérien. 

Un bond dans le trafic aérien est une bonne nouvelle pour les aéroports des grandes villes comme Paris qui a accueilli 33, 8 millions de touristes en 2017, contribuant ainsi secteur du tourisme — cependant, ce bond représente également un défi environnemental à relever.